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25. Arthur Jacques Le Duc

  • 25.5 Arthur Jacques Le Duc chez Daudet

    Surprise !

    Au fil de mes lectures, je suis tombé sur un ouvrage remarquable publié par le Cercle Littéraire et Historique de Draveil en 1997 sur la vie de Julia et Alphonse Daudet, couple d'écrivains à Champrosay. Outre la qualité historique du texte, l'ouvrage est abondemment illustré.

    IMG_2516.JPGL'une des photographies montre Alphonse Daudet dans son bureau bibliothèque de l'appartement occupé par la famille Rue de Bellechasse à Paris. L'image représente Alphonse sur son lieu de travail qu'il utilisait en hiver. Nous sommes probablement dans la période 1895-1897, à la fin de sa vie. Le bureau est encombré de papiers, un chandelier est disposé à côté d'un cadre photo. Derrière, l'imposante bibliothèque, est toutefois trop petite : elle déborde de livres empilés. Au dessus de cette bibliothèque, les Daudet ont disposés le célèbre portrait de Julia peint par Renoir...

    Zeze3.jpgEt puis, juste à côté, j'ai la surprise de reconnaitre le médaillon de terre cuite représentant Lucien enfant... et réalisé par Arthur Jacques Le Duc (voir 25.3). Ce médaillon reposait donc là : Daudet l'avait disposé au côté du portait de Julia dans son bureau...

    Je n'ai pas trouvé, jusqu'à aujourd'hui, de précisions sur les relations d'amitié qui devaient exister entre le sculpteur et les Daudet. Relations étroites et familiales, certes, si l'on en juge l'inscription de Le Duc qui désigne Lucien Daudet par son surnom "Zézé" que lui donnait la famille et qu'il dédie à son "Petit Ami"... En tous cas, retrouver la trace de ce médaillon dans le bureau de l'artiste a quelque chose d'émouvant quand on a eu la chance de découvrir cette oeuvre d'Arthur Jacques le Duc.

    IMG_2517.JPG

  • 25.4 Arthur Jacques Le Duc, Alphonse Daudet et Gaston Mouchot

    IMG_2423bis.JPGMa surprise fût grande en découvrant un dessin au crayon du même buste d'Alphonse Daudet, évoqué dans ma précédente note. La similitude du dessin avec le buste ne faisait aucun doute sans pouvoir dire, pour autant, si le croquis à été fait d'après le buste en terre cuite ou s'il a servi de travail préparatoire à la sculpture.

    De petite dimension (environ 15 X 11 cm), le dessin est réalisé sur une feuille de papier semblable à celles utilisées pour la prise de croquis sur carnets à dessin.

    Trois détails du dessin ont retenu mon attention :

    - Le socle qui porte le nom de A. Daudet fait aussi apparaitre le monogramme GM ainsi qu'une mention "A mon Ami R....d" peu précise et illisible.

    - Le troisième détail est une signature datée que l'on distingue clairement : "A. J. Le Duc - 1882".

    Le dessin serait-il une esquisse préparatoire de Arthur Jacques Le Duc ou tout simplement un croquis réalisé à partir de son buste, dessin qu'il offrit ensuite à un ami (voir dédicace).

     

    IMG_2013 signature2.jpg

    Concernant la signature, celle-ci est très voisine de celles que l'on remarque sur les oeuvres de l'artiste: ci-dessus sur le cartouche du médaillon  sous l'appellation "Zézé" . Tout comme sur le "Du Guesclin" de la place St Martin à Caen, cette signature se caractérise par un grand A rond, suivi d'un J et du nom de Le Duc.


    Enfin, quel sens attribuer au monogramme GM sur le socle représenté sur le dessin ?

    Ma recherche devait me conduire à une nouvelle révélation : selon mes sources, le dessin est effectivement extrait d'un carnet de croquis d'un certain Gaston Mouchot, artiste breton, qui vivait à la fin du XIXe siècle. Ceci expliquerait le monogramme GM sans toutefois révèler avec certitude l'auteur de dessin. Je n'ai pas trouvé d'information sur Gaston Mouchot et je suis reconnaissant à la personne qui pourra me délivrer des pistes vers cet artiste.... Et puis, comme on est au stade des recherches, je vous livre un agrandissement du dessin qui vous permettra d'apprécier dédicace et signature qui l'accompagnent dans ses mystères.

    IMG_2425bis.JPG

    A vous de jouer...

    (J'espère.... à suivre)

  • 25.3 Arthur Jacques Le Duc et les Daudet

    Buste Daudet2.JPGCe sont mes recherches sur les Daudet qui m'ont mené sur la voie d'Arthur Jacques Le Duc. Elles m'ont révélé l'existence de deux sculptures réalisées en terre cuite probablement dans les années 1882 à 1884. Sur les deux oeuvres, il m'a été possible d'autentifier la signature d'Arthur Jacques Le Duc, montrant ainsi un proche rapport de leur auteur avec la famille Daudet dans ces années là.

    La première est un buste d'Alphonse Daudet: d'une dimension voisine de 30 cm, il représente l'auteur au sommet de sa carrière littéraire. La qualité du travail de Le Duc confère à cette oeuvre, outre sa valeur artistique, une valeur documentaire certaine sur l'apparence d'Alphonse Daudet à cette période. Offert aux Daudet, ce buste resta la propriété de Julia, l'épouse d'Alphonse, qui le conserva près d'elle jusqu'à sa mort en 1841. Mais, comme on le verra plus loin, ce buste devait me réserver une autre énigme.

    Zeze3.jpgLa deuxième sculpture est un médaillon. Réalisé lui aussi dans la même matière (terre-cuite), il représente Lucien Daudet enfant. Né en 1879, 11 ans après Léon, ce deuxième fils des Daudet, fût surnommé "Tardiveau" pour son arrivée tardive. C'est probablement une oeuvre contemporaine au buste et ce portrait en médaillon de l'enfant date probablement lui-aussi de 1882 à 1884. Outre sa signature apparante, Arthur Jacques Le Duc y fait apparaitre l'autre surnom attribué par ses parents à Lucien : "Zézé" ainsi que la mention "A mon petit Ami". Curieuse analogie : C'est la même expression qu'utilisera, bien plus tard, Marcel Proust dans ses nombreuses correspondances avec Lucien Daudet dont la relation avec Proust est restée célèbre autant qu'elle fût intensément passionnelle. Ce médaillon révèle, par sa tonalité, encore une fois la proximité de A. J. Le Duc avec les Daudet. La finesse du travail et la sensibilité du sculpteur font le reste.

    J'ai communiqué ces images, avec l'accord du propriétaire des oeuvres, au Musée de l'artiste à Torigni sur Vire. Mais pour le moment, il ne m'a pas été possible d'obtenir plus amples informations sur leurs relations. Puisse cette note me permettre les contacts pour approfondir cette recherche.


    (... à suivre)

  • 25.2 A. J. Le Duc : Normand mais aussi Parisien...

    IMG_2026.JPGC'est le regard rivé sur la rue Pemagnie que Bertrand du Guesclin surveille la possible migration de "la Caravane" de Joep Van Lieshout. La rue Pemagnie relie la Place Saint Martin à la Place Saint Sauveur qui se situe à quelques centaines de mètres de là où réside le Louis XIV de Louis Petitot. Cette statue, réalisée par l'artiste en 1828 fût, au préalable installée sur la Place Royale à Caen (devenue Place de la République) puis rejoignit la Place Saint Sauveur en 1961. On nous dit que le projet de l'artiste Joep van Lieshout, intitulé La Caravane, mettra en lumière les comportements humains en période de conflit. Des silhouettes de près de 2 mètres expriment l’héroïsme, la peur, la rébellion, la survie, la fuite, la compassion, la lâcheté, la joie, ou encore la solitude. Nul doute que sur ce sujet, les deux oeuvres ont matière à échanger.

    Llv2.jpg La statue de Louis XIV, actuellement absente pour restauration, devra à son retour "dialoguer" -dit-on- avec les nouveaux envahisseurs. On comprend mieux l'inquiétude dans le regard de Bertrand du Guesclin qui, craignant l'absence de dialogue, verrait bien "La Caravane" remonter jusqu'à lui...


    Mais revenons à notre sculpteur bas-normand, Arthur Jacques Le Duc. Normand avant tout, on peut visiter un Musée dans sa ville natale de Torigni sur Vire. Mais on peut aller voir ses oeuvres dans de nombreuses villes. La Normandie est privilégiée : outre Caen, Cherbourg, Rouen, Bayeux et St Lo accueillent des oeuvres de l'artiste ; mais aussi Abbeville, Bordeaux, Versailles, Paris et Sens. On peut aussi se rendre à Sydney (Australie) où est exposée "la Reyna" représentant la jument et son poulain.

    Au delà de son "Du Guesclin" de Caen, on retiendra le "Monument de Formigny" à Omaha Beach et le "Centaure et Bacchante" dans les jardins du Memorial de Caen à une époque où la Municipalité pensait à honorer les artistes locaux.

    On ne peut terminer cette énumération sans mentionner "Le Connétable de Richemont" à Vannes, "La Reprise du Vainqueur" à Cannes et les parisiens qui visitent les Jardins du Luxembourg ne peuvent ignorer "La Horde des Cerfs"...

    Son attachement à la région bas-normande fût vif : d'abord proche de Leonor Havin, maire de Torigni et directeur pamplétaire du journal "Le Siècle", il est aussi Maire d'Asnières en Bessin de 1893 à 1918 et Conseiller Général du canton d'Isigny sur Mer de 1904 à 1918, date de son décès.

    Quand je qualifie Arthur Jacques Le Duc de parisien, c'est en rapport avec les nombreuses fréquentations artistiques qu'il eut à Paris en cette fin de siècle. C'est l'une d'entre elles qui m'a conduit à évoquer cet homme grâce aux rencontres avec deux de ses oeuvres jusque là non identifiées (et peut-être trois...). Mais je vous en réserve la surprise pour une prochaine note.

    (à suivre...)

  • 25.1 Arthur Jacques Le Duc

    Le choix insensé de Joep Von Lieshout, un artiste étranger, pour "orner" la Place Saint-Sauveur de Caen, et qui va coûter 204 000 euros à la collectivité, est un choix qui pose bien des questions. Certaines d'entre elles ne finissent pas de tourner dans ma tête :

    - l'Art serait-il devenu un métier ?

    - Pourquoi aller chercher, loin de Caen, un "artiste" alors que la Région Bas-Normande regorge de talents qui ne demandaient qu'à s'exprimer ?

    Ce choix, a priori sans aucune concertation, a été fait par un Jury non nommé par le Conseil Municipal (ce qui est une entorse à la procédure légale des "Oeuvres d'Art") avec l'aval du Ministère de la Culture : On croit rêver ! Est-ce qu'il va falloir supporter le passage de la fumeuse "CARAVANE" de Van Lieshout supposée dialoguer avec ce bon vieux Louis XIV et de le faire sans aboyer ?

    Pourtant, dans le passé, la Ville avait su utiliser et consacrer de beaux talents régionaux qui sont aujourd'hui mondialement reconnus. Il faut croire que certains ont trouvé préférable d'aller chercher ailleurs la preuve de leur vision faussement novatrice en délocalisant une Création Artistique qui nous coûte bien cher.

    Quel rapport avec Arthur Jacques Le Duc ?

    IMG_2025.JPGLa Place Saint Martin, qui est très proche de la Place Saint Sauveur, abrite la fière statue de Bertrand Du Guesclin qui, sans peur et sans reproche, chevauche sa monture entre les flots de véhicules qui sillonnent cette place. Nul doute que le fier chevalier semble porter un oeil inquiet sur ce qui se passe quelques centaines de mètres plus loin. Et si la "CARAVANE" remontait jusqu'à lui ?

    Arthur Jacques Le Duc, lui, est un vrai normand. Il est l'auteur de cette statue qui fut "offerte" en 1921 au Conseil Général par sa veuve... Et oui, nos grands-parents ont vêcu une époque où les artistes locaux - ou leurs proches - offraient des oeuvres d'art à la Ville, ce qui ne semble plus être le cas aujourd'hui... Encore faudrait-il leur avoir proposé ?

    Arthur Jacques Le Duc est né à Torigni sur Vire dans la Manche en 1848. Après avoir étudié au Lycée Malherbe de Caen, il va comme Cézanne, poursuivre des études de droit qu'il mènera à bien, lui, conciliant les enseignements des beaux arts avec sa licence de droit. Elle lui permettra de s'inscrire au Barreau de Caen en 1869. Son tempérament d'artiste l'emportera sur la magistrature et fera de lui un des sculpteurs animaliers les plus réputés.

    Le hasard a voulu que je m'intéresse à l'artiste comme on le verra dans les notes qui suivront. Mais, au moment même ou j'entends Joep Von Lieshout déclarer préfèrer les critiques à l'indifférence, je découvre au même moment les propos de 1918 tenus dans le Larousse Mensuel par Gabriel Lemoine à la mort de Arthur Jacques Le Duc :

    "Sa carrière est un bel exemple de ce que peut faire un artiste qui consent à vivre loin de la fièvre urbaine. Son oeuvre a un sens, un but, une direction. C'est un artiste probe, sincère, loyal, pour qui l'art n'est pas un métier"

    Je découvrais, là, la réponse à ma première question.

    N'est-ce pas monsieur Joep Van Lieshout ?

    (à suivre...)