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  • 10.3 Denise Rozerot et l'Hôtel de Londres à Berck-Plage

    berck1.jpg

    Ma note 10.2 portant sur la carte postale de Marguerite Charpentier à Denise Rozerot avait montré que la Villa DrapierDenise séjournait avec Jeanne Rozerot, sa mère, et son jeune frère Jacques, était probablement l'annexe de l'Hotel de Londres située dans la Rue des Bains. Jeanne et les enfants d'Emile Zola y séjournaient à Berck-Plage en 1903 pour les soins de Jacques qui souffrait d'une tuberculose osseuse.

    Nous devons à André Robe, grand passionné d'Histoire (qu'il soit ici le bienvenu), les deux images de l'époque qui montrent l'Hôtel de Londres. On peut lire, effectivement, le nom de DRAPIER sur l'enseigne. Sa façade qui donne sur l'Esplanade est bordée à droite de l'Hôtel par la Rue des Bains. On peut penser que la Villa Drapier, située au n°2 est peut-être ce batiment bas que l'on aperçoit dans la rue de bains, accolé à l'Hôtel. Une deuxième image représente les ruines de l'Hôtel détruit par un incendie en 1907.

    berck2.jpgJe tiens à expressément remercier André Robe pour ce geste qui nous permet d'enrichir nos thèmes de recherche. Son geste est typiquement le geste que j'attends de nos visiteurs qui, par leur propre expérience, peuvent ainsi développer Hd'H. Beaucoup d'autres questions sont en attente et vous pouvez les retrouver au fil des notes listées dans la colonne "Catégories". Qui sera le prochain ?

  • 16.4 Geffroy à Grand-Carteret

    Johngrandcartert.jpgJohn Grand-Carteret. Comment ignorer ce personnage et merci à Gustave Geffroy de m'avoir permis de le découvrir et d'en apprécier la richesse de ses publications. Son ouvrage "Moeurs et caricature en Allemagne, en Autriche, en Suisse" est probablement son premier livre qu'il publia en 1885 à l'age de 35 ans. C'est aussi le premier d'une longue carrière littéraire qu'il mena jusqu'à sa mort à Paris en 1927. Comme Gustave Geffroy, il est journaliste et historien de l'art spécialisé dans l'étude de la mode et des moeurs à travers les objets et la caricature. L'image est sa source de travail : c'est ce qui constitue la richesse de son oeuvre beaucoup trop méconnue. De part ses origines (il est le fil d'un banquier genevois, il découvre les relations franco-allemandes dans ses activités de journaliste à Genève. Ses premières publications traiteront de ces relations qui, entre les conflits de 1870 et ceux de 1914 constituent une extraordinaire base de recherche sur les rapports entre ces deux peuples. Collectionneur de gravures et de caricatures, c'est par elles qu'il traitera l'histoire, considérant que ces images constituent la traduction directes des moeurs et de l'opinion. C'est ainsi qu'il évoquera de l'Affaire Dreyfus sur laquelle il publiera plusieus ouvrages. En 1898, il publia un ouvrage de référence "L'Affaire Dreyfus par l'image" pour lequel il réunit pas moins de 266 caricatures françaises et étrangères. Il rencontra Zola chez qui il vint consulter au 21bis rue de Bruxelles pour y examiner bibelots et objets divers générés par "l'Affaire". La femme et la mode sont aussi des domaines d'exploration où il ne se limite pas seulement à  son siècle.

    J'ai recherché et trouvé ce premier livre. Ma surprise fût grande quand je découvris ce que Geffroy appelle "un beau livre". Nous reviendrons largement dans une prochaine note sur son contenu qui montre que l'approche de John Grand-Carteret est beaucoup plus dense et documentée que n'importe lequel des livres d'histoire.

    Je suis toujours à la recherche d'informations sur un numéro du Journal "La Justice" qui, en cette fin d'année 1885 ou au début de 1886 aurait publié un article de Gustave Geffroy sur l'ouvrage de Grand-Carteret. Je recherche aussi toute information sur les rapports entretenus entre Gustave Geffroy et Champfleury, auteur de la Préface de l'ouvrage...

    Celà fait du travail sur la planche ... (à suivre...)

  • 16.3 La lettre de Gustave Geffroy (2)

    La parenthèse ouverte par cette deuxième lithographie d'Henry de Groux n'est pas refermée. Je suis toujours sur la piste de son imprimeur (tout au moins, celui de la plus récente lithographie). Si quelqu'un peut me confirmer et m'apporter des informations sur un Eugène Mauler qui aurait été graveur et lithographe (et jadis peintre ?...) en 1898 au N°9 rue de l'Estrapade à Paris, qu'il se manifeste et sera le bienvenu.

    Revenons aux questions que me posent la lettre de Gustave Geffroy, exposée dans ma note 16.2. Je vous les avais soumises mais je n'ai pas eu de réponses... Pourtant la lettre comporte plusieurs indices permettant une probable identification du destinataire et de sa datation même si quelques doutes subsistent.

    LE DESTINATAIRE ?

    GeffroyCaricature.jpgGustave Geffroy s'adresse probablement à un personnage qui lui réclame un article sur un ouvrage récemment publié. Une "promo" dirait-on aujourd'hui. A priori, ce personnage pourrait en être l'auteur du livre ou encore celui de la préface. Hors, grossi ci-contre, le titre de l'ouvrage rapporté par Gustave Geffroy serait "Caricature en allemagne" (l'initiale de Allemagne apparait en lettre minuscule). Or, on retrouve l'édition en 1885 chez L. Westhausser à Paris d'un ouvrage dénommé "Les moeurs et la caricature en Allemagne" par John Grand-Carteret. L'époque et le titre de l'ouvrage sont plausibles. John Grand-Carteret, personnage sur lequel nous reviendrons dans une prochaine note, était journaliste comme Geffroy qui lui écrit "Mon cher confrère" ; ce qui pourrait confirmer le destinataire. Toutefois le doute s'installe quelque peu quand l'on remarque que la préface en a été écrite par Champfleury, qui, comme Geffroy, était journaliste et critique d'art. La présence ici de Champfleury, dont les idées et fréquentations n'étaient pas celles de Geffroy, pose un certain nombre de questions que nous tenterons de développer au cous de notes ultérieures.

    LA DATE ?

    Dategeffroy.jpgLa lettre est datée d'un 8 novembre ... sans préciser l'année. Comte-tenu de la date d'édition de l'ouvrage de John Grand-Carteret on peut penser la dater du 8 novembre 1885. Comme le mentionne Geffroy, il faudrait documenter l'information selon laquelle Gustave Geffroy était souffrant avant cette période pour le confirmer. Mais une seconde information va être précieuse : Geffroy évoque dans sa lettre une période électorale qui débute et qui occupe l'opinion. Cette période serait néfaste car elle détounerait l'attention des lecteurs de La Justice sur la sortie du livre. Une question simple se pose : Quelle peut-être cette élection importante qui survient à fin 1885 ?

    L'ELECTION ?

    Geffroyelection.jpgLa recherche n'est pas compliquée ... Le 28 décembre 1885 verra la réélection de Jules Grévy à la Présidence de la République. Ce Républicain Modéré qui a 78 ans commence un nouveau mandat.

    A priori, nous avons nos réponses. La lettre peut être datée du 8 novembre 1885 et elle est adressée à John Grand-Carteret, auteur de "Moeurs et Caricature en Allemagne" . Elle peut être aussi adressée à Champfleury qui en a écrit la préface. Mais d'autres questions restent posées : l'article a-t-il bien été publié dans La Justice comme promis par Geffroy ? Par ailleurs, le livre est sorti des presses de l'imprimeur le 12 mai 1885. Six mois se sont écoulés depuis la parution et la lettre d'excuse de Gustave Geffroy : L'élection de Jules Grévy était-elle le seul raison du retard dans la publication de cet article ? Si vous avez une petite idée... N'hésitez pas. (A Suivre...)

     

  • 9.4 Une autre lithographie de Henry de Groux

    ZOLA BIS.jpgSuite à mes notes sur la lithographie de Zola par Henry de Groux, HD'H a reçu le commentaire fort intéressant de Raymond Bommerez, qui nous informe qu'il possède une autre lithographie de Zola du même auteur. L'examen de la photographie qu'il nous a transmise montre qu'elle est signée en "rouge" par Henry de Groux qui l'a datée du 30 mars 1898. L'observation du document fait aussi apparaître la mention "Emile Zola" manuscrite et quelques commentaires difficilement lisibles. De Groux réalisa 3 lithographies de Zola selon "La Plume" paru en 1899, p 14, 15 et 87. La lithographie de M. Bommerez en serait l'une d'elles, différente de celle déjà évoquée dans mes notes. La date du 30 mars est probablement la date de l'achèvement des premiers essais, car l'on retrouve, dans le Journal d'Henry de Groux (Kimé - 2007) les références sur ses travaux :

    En date du 22 mars 1898 : " Chercher ce matin chez Nadar des photographies de Zola en vue de mon estampe. Photographies presque toutes très ordinaires. Une seule pourra me servir, celle que j'ai posée moi-même et que Nadar a failli gâter en réclamant "un sourire " (!). Expression altérée et factice, déplorable malheureusement ; je commencerai aujourd'hui le travail sur ma pierre."

    En date du 27 mars 1898 : "Le portrait de Zola ne vient pas comme je voudrais : la pierre est défectueuse, mal grainée et pleine de griffes. Je prévois de forts embêtements au tirage. Les imprimeurs sont tous les mêmes."

    En date du 3 juin 1898 : "J'achève mon second portrait de Zola qui me parait devoir être très supérieur au premier. la pierre est meilleure ; mais le principe du travail au crayon est interminable. Je crois d'ailleurs avoir contracté depuis une timidité dans le travail très désagréable et très inutile."

    En date du 18 juin 1898 : "Je pars aujourd'hui terminer décidément mon Zola chez Mauler, rue de l'Estrapade. Je pense que ce sera la meilleure de mes lithographies."

    En date du 25 juin 1898 : "Je mets la dernière mai à mon grand portrait de Zola chez Mauler, rue de l'Estrapade dans cet atelier, si vaste, et rempli des essais picturaux de limprimeur jadis exposant aux Champs-Elysées. Tout l'attirail du [un mot illisible] peintre y est dispersé également : j'ai derrière moi un immense squelette dans l'attitude d'un soldat au port d'arme. Un grand clairon assujetti par une cordelette lui pend au côté. En face de moi, des ouvriers et des ouvrières (dont une assez jolie vraiment, une petite Israélite) échangent des remarques qui parfois ont l'air de me concerner... Le portrait touche décidément à sa fin."

    Nous apprenons ainsi que les lithographies ont étée tirées chez Mauler et nous tenterons d'en apprendre plus de cette impimeur. J'ai déjà trouvé que l'atalier de ce Mauler était situé au 9, rue de l'Estrapade dans un bel immeuble de XXIIe siècle aujourd'hui protégé. L'imprimerie deviendra au début du XXe siècle, l'imprimerie Joseph Charles. En tout état de cause, il semble que la litho de Raymond Bommerez soit tirée depuis l'exemplaire ayant donné le plus de difficultés à De Groux et en ce sens, elle est fort intéressante.

    Monsieur Bommerez, qui la tient d'un héritage, est vendeur. Si vous êtes intéressé, transmettez-moi vos coordonnées que je lui communiquerai pour une éventuelle transaction...

     

     

  • 16.2 Une lettre de Gustave Geffroy

    Geffroy.jpgVoici donc cette fameuse lettre de Gustave Geffroy. Bien évidemment, j'ai déjà effectué ma petite recherche sur ces écrits et garde mes observations pour une prochaine note sur Hd'H. Cette lettre, écrite un 8 novembre, ne porte ni l'année de son écriture, ni l'identité de son destinataire. Toutefois, elle comporte plusieurs éléments qui permettent de se faire une idée très précise sur ces informations manquantes.

    Je vous propose, en attendant mes conclusions que je vous ferai connaître la semaine prochaine, de conduire vous aussi les recherches, puis de m'en faire part à travers vos commentaires à la fin de cette note. Rassurez-vous, la tâche est relativement facile. L'exercice a plusieurs objectifs : Tout d'abord, confirmer - ou infirmer - mes investigations. Ensuite, vous distraire en vous faisant partager le plaisir de ces recherches documentées. Et puis - disons-le - pour m'apporter la preuve que vous lisez bien Hd'H et que vous y trouvez un intérêt... J'attends donc vos commentaires qui me seront très utiles.

    Comme l'image ci-dessus n'est pas forcément lisible, voici le texte de cette lettre à l'en-tête de "La Justice", journal où Gustave Geffroy collaborait au moment où elle est écrite :

    Mon cher confrère, Non, l'article n'est pas encore publié, et je vous adresse tous mes regrets. Mais l'état de santé où j'étais m'a forcé de prendre d'assez longues vacances et depuis un mois, la période électorale a empêché beaucoup la littérature et l'art. D'ailleurs, le moment aurait été mal choisi. Il est bien préférable que je parle comme il convient de votre intéressante Caricatures en allemagne. Voici l'époque des beaux livres et des longs compte-rendus. Je m'acquitterai donc envers vous ces jours-ci, mon cher confrère; je vous enverrai mon article. Et je vous prie, en attendant, de croire en mes meilleurs sentiments. Signé : Gustave Geffroy - 60 rue Ménilmontant

    Souvenez-vous : nous recherchons surtout la date exacte de son écriture ainsi que son destinataire ... mais si vous pouvez en dire plus ... Les réponses la semaine prochaine ... (A suivre ...)