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Histoires d'Histoire - Page 2

  • 25.1 Arthur Jacques Le Duc

    Le choix insensé de Joep Von Lieshout, un artiste étranger, pour "orner" la Place Saint-Sauveur de Caen, et qui va coûter 204 000 euros à la collectivité, est un choix qui pose bien des questions. Certaines d'entre elles ne finissent pas de tourner dans ma tête :

    - l'Art serait-il devenu un métier ?

    - Pourquoi aller chercher, loin de Caen, un "artiste" alors que la Région Bas-Normande regorge de talents qui ne demandaient qu'à s'exprimer ?

    Ce choix, a priori sans aucune concertation, a été fait par un Jury non nommé par le Conseil Municipal (ce qui est une entorse à la procédure légale des "Oeuvres d'Art") avec l'aval du Ministère de la Culture : On croit rêver ! Est-ce qu'il va falloir supporter le passage de la fumeuse "CARAVANE" de Van Lieshout supposée dialoguer avec ce bon vieux Louis XIV et de le faire sans aboyer ?

    Pourtant, dans le passé, la Ville avait su utiliser et consacrer de beaux talents régionaux qui sont aujourd'hui mondialement reconnus. Il faut croire que certains ont trouvé préférable d'aller chercher ailleurs la preuve de leur vision faussement novatrice en délocalisant une Création Artistique qui nous coûte bien cher.

    Quel rapport avec Arthur Jacques Le Duc ?

    IMG_2025.JPGLa Place Saint Martin, qui est très proche de la Place Saint Sauveur, abrite la fière statue de Bertrand Du Guesclin qui, sans peur et sans reproche, chevauche sa monture entre les flots de véhicules qui sillonnent cette place. Nul doute que le fier chevalier semble porter un oeil inquiet sur ce qui se passe quelques centaines de mètres plus loin. Et si la "CARAVANE" remontait jusqu'à lui ?

    Arthur Jacques Le Duc, lui, est un vrai normand. Il est l'auteur de cette statue qui fut "offerte" en 1921 au Conseil Général par sa veuve... Et oui, nos grands-parents ont vêcu une époque où les artistes locaux - ou leurs proches - offraient des oeuvres d'art à la Ville, ce qui ne semble plus être le cas aujourd'hui... Encore faudrait-il leur avoir proposé ?

    Arthur Jacques Le Duc est né à Torigni sur Vire dans la Manche en 1848. Après avoir étudié au Lycée Malherbe de Caen, il va comme Cézanne, poursuivre des études de droit qu'il mènera à bien, lui, conciliant les enseignements des beaux arts avec sa licence de droit. Elle lui permettra de s'inscrire au Barreau de Caen en 1869. Son tempérament d'artiste l'emportera sur la magistrature et fera de lui un des sculpteurs animaliers les plus réputés.

    Le hasard a voulu que je m'intéresse à l'artiste comme on le verra dans les notes qui suivront. Mais, au moment même ou j'entends Joep Von Lieshout déclarer préfèrer les critiques à l'indifférence, je découvre au même moment les propos de 1918 tenus dans le Larousse Mensuel par Gabriel Lemoine à la mort de Arthur Jacques Le Duc :

    "Sa carrière est un bel exemple de ce que peut faire un artiste qui consent à vivre loin de la fièvre urbaine. Son oeuvre a un sens, un but, une direction. C'est un artiste probe, sincère, loyal, pour qui l'art n'est pas un métier"

    Je découvrais, là, la réponse à ma première question.

    N'est-ce pas monsieur Joep Van Lieshout ?

    (à suivre...)

     

  • 11.10 Vers un autre "BALZAC" de RODIN à CAEN ?

    Grande polémique à Caen lors de la prochaine installation sur la très belle Place Saint-Sauveur (XII et XIIIe siècles) de statues d'art moderne de l' artiste hollandais Joes Van Lieshout.

    Le sentiment de revivre la mésaventure du "Balzac" de Rodin m'est aussitôt remonté en mémoire devant ma découverte du projet.

    En allant voir le site de l'artiste, on peut s'inquièter.

    Rassurez-vous, les œuvres que l'on peut y voir ne seront pas celles qui seront disposées sur la Place Saint-Sauveur à Caen...
    Quoique... On peut s'attendre au pire quand on sait qu'elles sont du même artiste , Joep Von Lieshout, qui a été retenu... À vous de juger la prise de risques...

    Si vous ne me croyez pas, j'ai pris soin de recopier ci-dessous le lien qui conduit à l'atelier du dit artiste...
    http://www.djibnet.com/photo/avl/atelier-van-lieshout-rotterdam-4857883340.html#

    En écrivant ces lignes, je ne peux m'empêcher de penser à la Conférence que j'ai faite devant le Lyceum de Caen en 2012 sur le "Balzac" de Rodin, statue qui devait être installée sur la Place du Palais Royal à Paris. En 1898, cette statue, commanditée par Émile Zola à Auguste Rodin en 1891 avait été plus que fraîchement accueillie (voir notes à ce sujet) par les autorités et le public de l'époque. Refusée, Rodin la remisa au fond de son jardin de Meudon d'où elle ne ressortit qu'en 1936... pour être inaugurée à Vavin à l'angle des Bds Raspail et Montparnasse à Paris où elle se trouve encore aujourd'hui... Elle était considérée par Rodin lui-même comme l'une de ses œuvres majeures même si elle n'a pas encore aujourd'hui l'adhésion massive des passants.

    Ardent défenseur du "Balzac" de Rodin, J'ai donc pris le parti de respecter la création de l'artiste Joes Von Lieshoot quelle qu'elle soit, même si mon "écran" (dirait Zola) ne me permet pas d'en apprécier l'œuvre comme c'est le cas aujourd'hui... Je me réserve farouchement le droit de la trouver laide... Et vous ?

    Lieshout2.JPG
    Ouest France du 14 février 2013


    L'avenir nous dira certainement si le choix de monsieur Von Lieshout était le bon... ? Si monsieur Philippe Duron, actuel maire de Caen, sera le Poubelle de 2013 ?  N'y voyez pas d'allusion douteuse : Mr Poubelle (encore un Caennais d'ailleurs...) était le préfet de Paris qui avait autorisé alors l'installation du "Balzac", place du Palais Royal...

    Le contribuable caennais en aura quand même pour 204 000 euros...

    Enfin, un dernier conseil...: quand les statues seront installées, prenez soin de vous en les regardant... Elles pourraient distraire votre attention et vous faire trébucher sur les nouvelles marches à peine perceptibles de la Place Saint-Sauveur comme cela m'est arrivé ce matin : foulures et fractures sont déjà multiples qui, pour l'instant, n'apportent satisfactions qu'à un seul commerçant de la Place : la pharmacienne...

  • 8.4 Le brouillard se lève...

    John Holroyd Reece !

    Alors que pris dans la rédaction d'un livre qui sortira à la fin du printemps, j'ai vu le brouillard se lever sur les enseignements de cette curieuse carte de Noêl. Les notes qui suivront sous peu vous révèleront les étranges découvertes effectuées autour de ce personnage et sur son propre entourage. Ces découvertes ont entrainé la refonte complête d'un châpitre ... et la rencontre de personnes très attachantes. J'attends encore quelques dernières précisions et vous demande un petit peu de patience pour découvrir la suite.

    Vous ne devriez pas être déçus ..!

  • 24.1 "La Dame aux Camélias"

    La BNF nous donne la possibilité de lire l'ouvrage de DUMAS dans sa version originale ci-après :

    (vous pouver trouver dans le bas de l'image ci-dessous un accès plein-écran pour une meilleure lecture)

  • 2.3 Gervais et Georges Charpentier , Pierre Villetard : Tout s'explique...

    IMG_21982.JPGMagie de la blogosphère qui a pu me mettre en contact avec GEBE, l'animateur de "Worldofdream" ! Qu'il soit ici remercié de nous avoir mis sur la piste de la solution en nous aiguillant sur un commentaire du blog du "Bibliomane Moderne" que vous trouverez aussi dans mes liens recommandés. Ce qui suit dans cette note est extrait de ces visites : elles vont nous mener à la vérité sur cette lettre de Georges Charpentier.

    Tout commence avec Gervais Charpentier, le père de Georges Charpentier. Cette homme a vêcu de 1805 à 1871 à Paris. Fils de militaire et originaire de Picardie, il prend le même trajet que prendra Emile Zola plus tard : il entre à 19 ans comme commis chez les libraires Lecointre et Durey, puis chez Ladvocat en 1928. Il s'en suivra une carrière de libraire lui-même, créant même sa propre collection qui prendra déjà le nom de "Bibliothèque Charpentier" en 1838. Sa vision,très moderne, avec son propre format, verra le développement d'un système d'édition qui, dès 1841, va tenter d'abaisser le prix du livre. Il veut faire :

    "Une vraie bibliothèque réunissant ou pouvant réunir toutes les productions de l'esprit humain dans leur immense variété."

    Après ses premiers succès, les autres éditeurs ne vont pas tarder à lui emboiter le pas et une forte concurrence naitra avec Hachette en 1853 ("La Bibliothèque des Chemins de Fer") et la "Collection Michel Lévy" qui proposera ses livres à 1 F le volume.

    Malheureusement, la situation devient très difficile avec les évènements que l'on sait en 1870 puis 1871 où l'affaire péréclite. Gervais Charpentier souhaite "passer la main" dans les meilleures conditions et ceci avant sa mort prochaine qui surviendra le 14 juillet 1871.

    On pourrait alors penser que son fils, Georges, aurait pu prendre sa suite. Mais en fait, cette succession naturelle ne se fit pas. Gervais Charpentier n'est pas content de Georges, de ses activités et fréquentations ; il a une mauvaise appréciation de ses compétences et surtout ne souhaite pas lui confier ses affaires car il a des doutes sur sa paternité. Très tôt, Gervais Charpentier s'est séparé de sa femme, la mère de Georges. En effet, séparé de son épouse, il élève son fils jusqu'à l'age de 18 ans à qui il reproche ses évolutions de "jeune mondain" que l'on surnomme "Zizi". Disputes et brouilles se succèdent. Les propos de Gervais envers sa femme et son fils légitime sont des plus haineux au point d'interdire à Aspasie, son épouse, "le dernier sommeil à ses côtés" :

    "Lorsque celle que j'ai eu le malheur d'épouser quittera ce monde [je demande] de ne pas faire reposer son corps auprès de moi, et si, par impossible une autre volonté s'imposait avec surcis sur ce point à celle que j'exprime ici, mes exécuteurs testamentaires et les membres de ma famille devront abandonner mon caveau qui est dans le cimetierre Montparnasse, en faisant transporter mes restes, ceux de ma mère et ceux de ma tante qui s'y trouvent, dans un autre caveau dont il feront l'acquisition à perpétuité, afin que ces restes d'honnètes personnes soient à l'abri de l'impur contact."

    C'est Jean-Yves Mollier, dans son remarquable ouvrage "L'Argent et les Lettres : Le Capitalisme d'Edition (1880-1920) paru chez Fayard en 1988, qui rapporte les faits. Mollier poursuit :

    "Cette haine produite par la certitude d'avoir été trompé mine au fond de son être la fibre paternelle par le soupçon de ne pas être le géniteur de Georges qui portera pourtant son nom et continuera à le faire aux yeux du tout Paris."

    Aussi, en octobre 1870, en pleine guerre, Gervais Charpentier déclare ;

    "Je veux expressément que le fond de librairie que j'ai créé par 42 ans d'efforts et de travail soit maintenu après moi; à cet effet, je désigne pour le gèrer après ma mort Monsieur Edmond Villetard, mari de ma nièce Aline, comme l'homme le plus capable de continuer mon oeuvre."

    Le nom de Villetard apparait. Charles Edmond Villetard de Prunières est le mari de Aline Lucie Charpentier, elle-même fille de Henri Ange Charpentier le propre frère de Gervais Charpentier. En confiant son affaire à son neveu par alliance qui était alors Rédacteur au Journal des Débats, il ne prévoyait alors aucune dispositions en faveur de Georges.

    Il fallut attendre 3 ans et en avril 1972, un an après la mort du père, Georges Charpentier accepta de verser aux divers légataires une forte somme et enfin hériter de ce qui reste de l'affaire grâce à l'aide financiaire que lui accorda Maurice Dreyfous.

    On connait la suite et en particulier l'amitié qui lia Georges Charpentier à Emile Zola et le succès de la Bibliothèque G. Charpentier. "G" est-elle l'initiale de Gervais ou celle de Georges ?

    C'est en 1887 que Georges Charpentier cédera à son tour son affaire à son associé du moment Eugène Fasquelle. Notre lettre retrouve Georges Charpentier le 22 mai 1903 : il écrit à Eugène Fasquelle pour recommander "son jeune cousin", Pierre Villetard qui vient d'écrire son premier roman.

    Pierre Villetard est le fils d'Edmond Villetard et d'Aline Charpentier.





     


  • 2.2 "La Maison des Sourires" de Pierre Villetard

     IMG_21892.JPG

    Bien sur, pas de trace de cet ouvrage, publié en 1905 chez Eugène Fasquelle...

    Mais récemment , j'ai retrouvé un vieux livre jauni dont les pages n'étaient même pas découpées. Il s'agit bien d'une publication faite en 1932 par les Editions de la Nouvelle Revue Critique de "La Maison des Sourires" de Pierre Villetard.

    Au moins, j'aurai pu lire l'ouvrage du "jeune cousin" si chaudement recommandé par Georges Charpentier.