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2 - Lettre de Georges Charpentier

  • 2.3 Gervais et Georges Charpentier , Pierre Villetard : Tout s'explique...

    IMG_21982.JPGMagie de la blogosphère qui a pu me mettre en contact avec GEBE, l'animateur de "Worldofdream" ! Qu'il soit ici remercié de nous avoir mis sur la piste de la solution en nous aiguillant sur un commentaire du blog du "Bibliomane Moderne" que vous trouverez aussi dans mes liens recommandés. Ce qui suit dans cette note est extrait de ces visites : elles vont nous mener à la vérité sur cette lettre de Georges Charpentier.

    Tout commence avec Gervais Charpentier, le père de Georges Charpentier. Cette homme a vêcu de 1805 à 1871 à Paris. Fils de militaire et originaire de Picardie, il prend le même trajet que prendra Emile Zola plus tard : il entre à 19 ans comme commis chez les libraires Lecointre et Durey, puis chez Ladvocat en 1928. Il s'en suivra une carrière de libraire lui-même, créant même sa propre collection qui prendra déjà le nom de "Bibliothèque Charpentier" en 1838. Sa vision,très moderne, avec son propre format, verra le développement d'un système d'édition qui, dès 1841, va tenter d'abaisser le prix du livre. Il veut faire :

    "Une vraie bibliothèque réunissant ou pouvant réunir toutes les productions de l'esprit humain dans leur immense variété."

    Après ses premiers succès, les autres éditeurs ne vont pas tarder à lui emboiter le pas et une forte concurrence naitra avec Hachette en 1853 ("La Bibliothèque des Chemins de Fer") et la "Collection Michel Lévy" qui proposera ses livres à 1 F le volume.

    Malheureusement, la situation devient très difficile avec les évènements que l'on sait en 1870 puis 1871 où l'affaire péréclite. Gervais Charpentier souhaite "passer la main" dans les meilleures conditions et ceci avant sa mort prochaine qui surviendra le 14 juillet 1871.

    On pourrait alors penser que son fils, Georges, aurait pu prendre sa suite. Mais en fait, cette succession naturelle ne se fit pas. Gervais Charpentier n'est pas content de Georges, de ses activités et fréquentations ; il a une mauvaise appréciation de ses compétences et surtout ne souhaite pas lui confier ses affaires car il a des doutes sur sa paternité. Très tôt, Gervais Charpentier s'est séparé de sa femme, la mère de Georges. En effet, séparé de son épouse, il élève son fils jusqu'à l'age de 18 ans à qui il reproche ses évolutions de "jeune mondain" que l'on surnomme "Zizi". Disputes et brouilles se succèdent. Les propos de Gervais envers sa femme et son fils légitime sont des plus haineux au point d'interdire à Aspasie, son épouse, "le dernier sommeil à ses côtés" :

    "Lorsque celle que j'ai eu le malheur d'épouser quittera ce monde [je demande] de ne pas faire reposer son corps auprès de moi, et si, par impossible une autre volonté s'imposait avec surcis sur ce point à celle que j'exprime ici, mes exécuteurs testamentaires et les membres de ma famille devront abandonner mon caveau qui est dans le cimetierre Montparnasse, en faisant transporter mes restes, ceux de ma mère et ceux de ma tante qui s'y trouvent, dans un autre caveau dont il feront l'acquisition à perpétuité, afin que ces restes d'honnètes personnes soient à l'abri de l'impur contact."

    C'est Jean-Yves Mollier, dans son remarquable ouvrage "L'Argent et les Lettres : Le Capitalisme d'Edition (1880-1920) paru chez Fayard en 1988, qui rapporte les faits. Mollier poursuit :

    "Cette haine produite par la certitude d'avoir été trompé mine au fond de son être la fibre paternelle par le soupçon de ne pas être le géniteur de Georges qui portera pourtant son nom et continuera à le faire aux yeux du tout Paris."

    Aussi, en octobre 1870, en pleine guerre, Gervais Charpentier déclare ;

    "Je veux expressément que le fond de librairie que j'ai créé par 42 ans d'efforts et de travail soit maintenu après moi; à cet effet, je désigne pour le gèrer après ma mort Monsieur Edmond Villetard, mari de ma nièce Aline, comme l'homme le plus capable de continuer mon oeuvre."

    Le nom de Villetard apparait. Charles Edmond Villetard de Prunières est le mari de Aline Lucie Charpentier, elle-même fille de Henri Ange Charpentier le propre frère de Gervais Charpentier. En confiant son affaire à son neveu par alliance qui était alors Rédacteur au Journal des Débats, il ne prévoyait alors aucune dispositions en faveur de Georges.

    Il fallut attendre 3 ans et en avril 1972, un an après la mort du père, Georges Charpentier accepta de verser aux divers légataires une forte somme et enfin hériter de ce qui reste de l'affaire grâce à l'aide financiaire que lui accorda Maurice Dreyfous.

    On connait la suite et en particulier l'amitié qui lia Georges Charpentier à Emile Zola et le succès de la Bibliothèque G. Charpentier. "G" est-elle l'initiale de Gervais ou celle de Georges ?

    C'est en 1887 que Georges Charpentier cédera à son tour son affaire à son associé du moment Eugène Fasquelle. Notre lettre retrouve Georges Charpentier le 22 mai 1903 : il écrit à Eugène Fasquelle pour recommander "son jeune cousin", Pierre Villetard qui vient d'écrire son premier roman.

    Pierre Villetard est le fils d'Edmond Villetard et d'Aline Charpentier.





     


  • 2.2 "La Maison des Sourires" de Pierre Villetard

     IMG_21892.JPG

    Bien sur, pas de trace de cet ouvrage, publié en 1905 chez Eugène Fasquelle...

    Mais récemment , j'ai retrouvé un vieux livre jauni dont les pages n'étaient même pas découpées. Il s'agit bien d'une publication faite en 1932 par les Editions de la Nouvelle Revue Critique de "La Maison des Sourires" de Pierre Villetard.

    Au moins, j'aurai pu lire l'ouvrage du "jeune cousin" si chaudement recommandé par Georges Charpentier.

  • 2.1 Lettre de Georges Charpentier

    Charpentier2.jpgCette lettre semble datée du 22 mai 190 ? . Une incertitude demeure sur le dernier chiffre de l'année. Elle porte une adresse : celle du 48 avenue Victor Hugo qui est, alors, probablement la résidence des Charpentier. Enfin, elle est bordée de noir qui témoigne d'un deuil chez les Charpentier. Les Charpentier ont connu de nombreux deuils : ils ont perdu un fils vers 1879, un second en 1896, dates trop éloignées de la date de la lettre. Marguerite, son épouse décèdera en décembre 1903 et lui, Georges, en 1905. Dans ce cas, la lettre pourrait être datée du 22 mai 1904 ce qui ne semble pas correspondre au dernier chiffre de la date. Le dernier chiffre a plutôt l'arrondi et la courbure orientée d'un "3" et la date serait alors : 22 mai 1903 mais le deuil ne peut être celui de son épouse, décédée en décembre.

    L'hypothèse de cette date est, pour le moment, la plus plausible. Dans sa lettre, probablement destinée à Eugène Fasquelle, Georges Charpentier sollicite l'éditeur pour le premier roman d'un cousin, Pierre Villetard, qui s'intitule "La Maison des Sourires" dont on retrouve effectivement une première édition en 1905 chez Fasquelle. Nous reviendrons sur Pierre Villetard dans une prochaine note.

    Charpentier1.jpgDès à présent, je demande à quiconque qui pourrait dater cette lettre d'intervenir sur ce blog. Merci aussi de confirmer l'adresse comme étant bien celle des Charpentier à ce moment-là