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alexandrine

  • 6.1 Zola et les animaux

    Je me souviens...

    zolachien.jpgLa magie d'internet m'a fait rencontrer André Paillé. Il vit là-bas, au nord de Québec, dans son paysage de sapins enneigés et où ses pensées volent vers Emile Zola. Si aujourd'hui, je vous parle de lui, c'est parce qu'il mérite que l'on s'attarde quelques instants sur le travail de mémoire qu'il effectue pour que, tous, nous puissions mieux connaître et aimer Emile Zola. L'objet du jour est un signet, un marque-page parmi ceux que cet homme m'a offert en témoignage d'amitié. Parce que, outre le soin d'animer le site des Cahiers Naturalistes, l'un des moyens qu'il a trouvé pour perpètuer l'image et la mémoire de l'écrivain est de reprendre ses citations sous la forme de signets plastifiés. J'ai tenu aussitôt a y associer Claire, ma petite fille âgée de 8 ans, pensant fort justement, que c'était là un bon premier contact avec Emile Zola. Son choix s'est porté sur un signet qui rapporte un discours d'Emile Zola prononcé à Paris, le 25 mai 1896 lors de la séance annuelle de la socièté protectrice des animaux. Zola qui y est délégué par le Ministre de l'Instruction Publique, se demande ce qu'il pourra y dire. Et c'est le plus simplement du monde que, parlant des animaux et de sa présence dans cette assemblée, il déclare :

    "Je n'ai pas d'autre raison pour prendre ici la parole, si ce n'est que je les aime, et j'imagine que cela ne peut qu'honorer tout le monde, même le gouvernement d'un grand pays, que de dire publiquement qu'on les aime."

    C'est vrai qu'Emile et Alexandrine les aimeront avec tout l'amour qu'ils auraient pu donner aux enfants qu'ils n'ont pû avoir. Les allées de Médan ont étés sillonnées par des "Raton", "Pinpin" et bien d'autres qui peuplèrent la vie du couple. Raton qui, un jour de mai 1877, s'échappe avant le départ pour l'Estaque et provoque la désolation d'Alexandrine et pour lequel Emile, avec l'aide d'Henri Escoffier, le fera retrouver par une petite annonce parue dans le Petit Journal.... Pinpin, dont, très attristé,  il apprendra la mort pendant son exil à Londres.

    J'ai demandé à Claire d'extraire une phrase de ce discours. Elle a choisi celle-ci :

    "Vous imaginez-vous la nature sans bête, une prairie sans insectes, un bois sans oiseaux, des monts et des plaines sans êtres vivants ? [...] Que tous les peuples commencent donc par s'unir pour qu'il ne soit plus permis de martyriser un cheval ou un chien, et les pauvres hommes honteux et las d'aggraver eux-mêmes leur misère, en arriveront peut-être à ne plus se dévorer entre eux !"

  • 3.3 Julia Daudet et Alexandrine Zola

    Daudetrenoir.jpgJulia Daudet, que l'on peut voir ci-contre représentée par son portrait peint par Renoir, a une enfance et une éducation bourgeoise dans un milieu où le goût de l'écriture est répandu. Dès l'âge de 17 ans elle publie des poèmes sous le pseudonyme de Maguerite Tournay. Elle utilisa un autre pseudonyme plus masculin, Karl Stern, pour écrire des chroniques littéraires dans de nombreuses revues. C'est en Janvier 1867 que Julia Allard devint Julia Daudet en épousant Alphonse à l'âge de 23 ans. Elle joua auprès de lui un rôle important dans son oeuvre. Inspiratrice, conseillère et même plus : "Pas une page, écrit Daudet, qu'elle n'ait revue ou retouchée". Certains prétendent même qu'il faille lui attribuer de nombreuses pages de l'oeuvre de Daudet. Elle se fit une grande réputation en réunissant dans ses salons successifs les plus grands écrivains du XIXè siècle comme les Goncourt,Maupassant,Flaubert,Zola,Barbey d'Aurevilly,Tourgueniev, etc... membre du jury Femina et chevallier de la Légion d'honneur, elle décéda en 1940 à l'âge de 96 ans.

    Nous nous attarderons, menu oblige, sur les relations que cette femme entretenait avec Alexandrine Zola et Marguerite Charpentier. Les couples se connaissent depuis 1867 où ils se reçoivent régulièrement. Il va rapidement s'établir une amicale rivalité culinaire qui s'attisera d'année en année. Alexandrine n'est pas la dernière, proposant des menus extravagants où l'on étonne ses convives tel que le raconte Edmond de Goncourt dans son Journal (Tome II - 9 mars 1888) :

     "... un potage de blé vert, des langues de rennes de Laponie, des surmulets à la provençale, une pintade truffée. Un diner de gourmets assaisonné d'une originale conversation sur les choses de la gueule et l'imagination de l'estomac, au bout de laquelle Tourgueniev prend l'engagement de nous faire manger des doubles bécassines de Russie, le premier gibier du monde."

     Au cous de ces repas, les hommes ne vont pas être toujours très tendres avec les hotesses. Evelyne Bloch-Dano, dans son livre remarquable "Madame Zola" (Grasset-Fasquelle, 1997) rapporte que Goncourt, malade du foie, est la terreur de ses dames. Elle ajoute plus loin :

     "Une autre fois, à Paris où l'on pend la crémaillère de la rue de Boulogne, ce seront des gelinottes, que Daudet compare avec tact à de la chair de vieille courtisane marinée dans un bidet. Alexandrine a dû apprécier le compliment ! Il est vrai qu'on a beaucoup bu et que Flaubert, un peu poussé de nourriture, un peu soûl, débite avec accompagnement de m... et de f... toute la série de ses lapalissades féroces et truculents contre le bôrgeois...", sous l'oeil stupéfait et déçu de Julia Daudet !"

    Jalousies, rivalités ... celà finira mal. Marguerite Charpentier et Julia Daudet, qui tiennent salons, feront plus ou moins ressentir à Alexandrine son manque d'éducation et ses origines modestes. Emotive, Alexandrine ira jusqu'à chasser de chez elle Marguerite en 1889, avant de se réconcillier ensuite. Avec Julia et Alphonse Daudet, c'est l'affaire Dreyfus qui sépara les couples. Les sentiments anti-dreyfusards des Daudet, les prises de positions du fils Léon Daudet, proche de Drumont et futur rédacteur de l'Action Française vont refroidir les liens entrenus avec les Zola.

     

  • 10.1 Adresse de Denise Rozerot à Berck-Plage

    Villa Drapier 2 rue des Bains - Berck-Plage - Pas de Calais

    Villdune.jpgVoici l'adresse, portée sur la carte, et rédigée par Marguerite Charpentier. J'ai bien recherché la Rue des Bains à Berck-Plage. Sans succès. Par l'intermédiaire de Jean-Sébastien Macke, un grand spécialiste de Zola, j'ai pu entrer en contact avec Guy Crépin, historien de Berck, à qui j'ai communiqué l'adresse.

    Guy Crépin a fait quelques recherches et fort aimablement, m'a fait la réponse suivante :

    "La Rue des Bains est maintenant la Rue de la Divison Leclerc. Le "2" n'existe plus. A la jonction de la rue des Bains et de l'Esplanade, il y avait un hôtel dont la propriétaire s'appelait Madame Drapier. En 1907, tout le secteur a été ravagé par un incendie. L'Hôtel de Londres a été complètement détruit. Je pense que le "2" de la Rue des Bains devait être une annexe ; l'article relatant l'incendie n'en parle pas. Sur l'emplacement a été reconstruit un bâtiment qui avait deux entrées, une sur l'Esplanade, une sur la Rue des Bains au N°2. Ce bâtiment à été détruit à son tour par un bombardement de 1944."

    Monsieur Crespin ajoute que l'on peut encore retrouver des cartes postales montrant l'Hôtel de Londres de face.

    LA VILLA DANS LES DUNES

    Villdune2.jpg

    Denise, devenue Leblond-Zola, n'oubliera pas Berck-Plage. Elle écrivit sous le pseudonyme de Denise Aubert (en hommage à sa grand-mère Emilie Aubert, mère d'Emile Zola) plusieurs livre de la Bibliothèque Rose Illustrée chez Hachette. On retiendra "La Villa dans les Dunes" dont l'action se situe à Berck-Plage et où elle met en scène sa vision d'enfance : Lucien, 12 ans, un petit parisien pauvre dont le père hérite d'un commerce à Berck-Plage et qui y rencontre Robert venu accompagner sa soeur Andrée qui soigne une coxalgie paralysante. L'ambiance de Berck-Plage en 1904 y est donc fort bien reconstituée.