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alphonse

  • 3.1 Un menu de Mme Veuve Daudet

    Menu3.jpgPeu de chance que ce document, pour charmant qu'il soit, soit attribué a Madame Daudet, l'épouse d' Alphonse Daudet. En effet, c'est un menu relatif à un repas qui s'est tenu le 30 décembre 1900 dans un village dénommé Quissac à 25 km de Nimes. Ce qui pourrait l'associer à Julia Daudet est que le nom du convive qui est mentionné est celui de Madame Vve Daudet. Malheureusement, le patronyme Daudet est très présent autour de Nimes et il faudrait trouver un document attestant de sa présence à Quissac, ce jour-là, pour croire à cette possibilité. Pourtant, vous allez le découvrir, certains détails interpellent.

    Cette incertitude implique des recherches et ce document a déjà le mérite de nous faire découvrir le personnage qui se révèlera fort intéressant. Avant d'en savoir plus, si vous habitez pas très loin de Quissac, allez fouiller pour moi dans l'état civil de la Mairie pour voir si un évènement a pu justifier un repas le 30 décembre 1900, repas qui concernerait une Mme Veuve Daudet.

    LE MENU

    Menu2.jpgIl s'agit d'un petit carton plié en portefeuille, de 12 cm de haut et 9 cm de large, qui porte sur son verso la mention "Madame Vve Daudet". Il est accompagné d'un petit carton rectangulaire où le nom de Madame Daudet est reproduit dans un décor de fleur destiné probablement à la place du convive dans le plan de table.

    Le menu est simple, toutefois, la présence de Champagne laisse à penser à un repas de fête :

    Hors d'Oeuvre - Bouchées truffées - Civet de Lièvre - Veau aux champignons - Petits pois - Poulets rôtis - Desserts variés - Vins : Bordeaux - Champagne

    Ce menu est quelque peu "rustique" et peu conforme aux menus habituellement dispensés chez les Daudet mais il ne faut pas oublier qu'elle n'est pas chez elle. toutefois, au delà de ces éléments, c'est la partie recto qui interpelle. Elle figure un charmant dessin comme on savait les représenter en 1900 et que nous examinerons dans une autre note.

    menu5.jpgQuand à la présence de Julia Daudet à Nimes, ville natale de son époux, j'y ai bien repèré sa trace en 1900. Veuve depuis 1897, elle y est venu en avril, accompagnée de ses fils, Léon et Lucien, et de sa fille Edmée. Ensemble, ils assistèrent le 7 avril à l'inauguration du Monument Alphonse Daudet, sculpté par Falguière. Cette venue est consignée dans un procès-verbal du Conseil Municipal que je produis ci-contre. Noter que cette inauguration devait causer localement quelques remous dûs à la présence de Léon Daudet, proche de Drumont et de Charles Maurras, sur un fond d'affaire Dreyfus encore présente. Je n'ai pas trouvé d'autres traces de passage de Julia. M. Georges Mathon (Nemausensis) m'a obligeamment aidé dans mes recherches en me spécifiant qu'il avait peu d'informations sur les séjours de Julia dans Nimes et ses environs. Son fils, Lucien, écrira toutefois un petit chapitre sur sa mère (6 pages) dans un livre "Vie d'Alphonse Daudet" édité chez Gallimard en 1941. Il reste évasif, une seule allusion sur un voyage de Julia après la mort d'Alphons, "dans le Midi de la France".

     

     

  • 3.2 Julia Daudet et les fleurs

    Menu1.jpgLe recto du menu représente une femme occupée à arroser ses rosiers. Or Julia Daudet était réputée pour sa passion des jardins et des fleurs et en particulier, celle des roses. Les écrits sur Julia Daudet rapportent qu'elle les cultivait elle-même, qu'elle en décorait ses demeures, qu'elle en offrait à ses hôtes... qu'elle allait jusqu'à illustrer ses menus en train de cultiver son jardin. Le fait qu'une jeune et belle jeune femme orne ce menu (Julia a quand même 56 ans en 1900...) n'est pas une preuve en soit. Mais on a envie d'y croire...

    Peu importe les incertitudes, mes recherches m'auront permis de découvrir sa vision des fleurs et cette passion qu'elle partage avec Edmond de Goncourt et Octave Mirbeau. Je ne résiste pas à faire figurer ici ces quelques lignes extraites de "Souvenirs autour d'un groupe litteraire" édité à Paris (Bibliothèque Charpentier, 1910). Julia quitte Edmond de Goncourt et traverse son jardin d'Auteuil :

    "Il faut partir ; nous traversons le jardin abîmé par cet abominable hiver, découronné de ses arbustes les plus précieux et des rosiers grimpants, qui du pied de l'escalier, garni de lierre, montaient jusqu'à l'étage avec une profusion de fleurs jaunes, rose-thé, aurore, que Pélagie coupait avec un grand sécateur à manche, les jours de visite ; un magnolia grandiflore à parfum de citron complétait le bouquet. Celui que j'emporte est tout rose : chèvrefeuille, pivoines en boutons, acacia double ; et c'est pendant qu'il s'effeuille sur mon bureau que j'écris ces lignes".