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  • 1.5 Marc Antoine Jullien de Paris (1775-1848)

    A sa naissance, on lui donne le même prénom que son père, député de la Drôme sous la Convention. d'où le "de Paris" qui sera ajouté au nom pour le différencier du père que l'on appelera Jullien de la Drôme. Le début de la Révolution va bouleverser quelque peu ses études et sous l'influence de ses parents il s'essaye au journalisme et il s'affilie au club des Jacobins. Brillant, à 17 ans seulement, il est envoyé à Londres par Condorcet comme élève-diplomate et devient l'intermédiaire officieux entre les libéraux anglais et les dirigeants du parti girondin. Il rencontre à cette occasion Talleyrand et Lord Stanhope. Il n'a pas 20 ans quand il est nommé à son retour commissaire des guerres à l'armee des Pyrénées en janvier 1893. Il devient un proche de Robespierre, il est chargé de plusieurs missions par le Comité de Salut Public. Il est chargé de la lourde tâche d'assumer la surveillance de la situation militaire et de la propagande Jacobine. On le retrouve à Nantes où il dénonce Carrier dans un lettre à Robespierre du 4 février 1794. A Bordeaux, il s'oppose à Tallien puis organise la chasse aux députés girondins cachés.

    Son protecteur, Robespierre, est alors guillotiné le 9 Thermidor de l'an II (27 Juillet 1794). Destitué, il est alors arrêté et envoyé en prison. Il n'a alors que 21 ans. Il est ammené à renier Robespierre pour échapper à la guillotine. Le 13 mai 1796, Merlin de Douai le fait entrer au ministère de la Police mais, suspect de sympathies babouvistes, il doit se cacher lors de la découverte de la conspiration des Egaux en mai 1786. Il accompagne le général Bonaparte en Egypte en mai 1798. Puis, au service du général Championnet, il devient conseiller en 1798, initiateur de la République Parthénopéenne, puis secrétaire général du gouvernement provisoire en 1799. Mais le Directoire survient qui rappelle Championnet : il est déferré au tribunal militaire. puis libéré par le Coups d'Etat du 30 Prairial an VII (18 juin 1799).

    Le Coups d'Etat du 18 Brumaire va le rapprocher de Bonaparte à qui il propose un plan d'unification des Etats italiens en juillet 1800. Mais ces idées révolutionnaires vont faire qu'il va s'indigner des proscriptions antijacobinnes et sera relégué comme intendant militaire à Paris puis en Italie. Il obtiendra toutefois la Légion d"Honneur en 1803.

    En 1813, sa liaison avec Madame de Staël lui valent d'être à nouveau interné. Libéré lors de la première restauration, il se fait une réputation de pédagogue. Correspondant du suisse Pestalozzi, membre de la Société d'Emulation de l'Ain (auprès duquel il envois ses trois premiers fils à Yverdon), il devient l'un des promoteurs de l'enseignement mutuel auquel nous réserverons une note spécifique. La lettre est de cette époque.

    Marié avec Sophie-Juvence Nioche avec qui il aura six enfants dont une fille, Antoinette-Stéphanie, sera la mère d'Edouard Lockroy. Le cadet, Pierre Adolphe (1803-1873), polytechnicien et ingénieur des ponts et chaussées a construit le chemin de fer Paris-Lyon.

  • 1.4 Jullien de Paris : le pédagogue

    Jullien de Paris a publié sur l'éducation plusieurs ouvrages. Sous l'influence de Pistalozza qu'il va traduire et publier, ses principes éducatifs s'inspirent des doctrines de Locke, de Condillac et de Rousseau. Il devance bien largement son temps et il annonce en les formulant bien des réformes qu'aujourd'hui encore nous avons grand'peine à réaliser.

    Voici une page de ses "Essais" :

    "Quatre observations doivent présider au choix d'une méthode d'enseignement pour les enfants :

    1°) On doit frapper les sens des enfants, puisque chez eux l'intelligence et la raison ne sont pas encore suffisamment développées. Les perceptions des sens bien dirigées sont le véritable moyen d'instruction de l'enfance;

    2°) Il faut procurer aux enfants des occasions d'amusement, de mouvement et d'action, pour leur rendre l'instruction plus agréable et plus salutaire. Leur âge a pour caractère distinctif une surabondance de vie et d'activité qui demande à être employée.

    3°) L'instruction mutuelle convient entre les enfants ; on doit les former de bonne heure à s'entr'aider et à se communiquer les uns aux autres les choses qu'on leur enseigne, et qui doivent leur être communes. Les échanges et les services mutuels, dont ils doivent contracter l'habitude, sont la base de la morale et des relations sociales, et doivent entrer comme éléments essentiels dans l'éducation ;

    4°) Le puissant ressort de l'émulation ne doit pas être négligé dans l'enseignement, mais doit être employé de manière que tous les élèves participent également à l'instruction, sans qu'il y ait de préférence marquée, ni des soins trop particuliers pour certains élèves. qui peuvent avoir plus de sagacité ou plus d'assiduité que leurs camarades."

    Pensée de Jullien de Paris : "Aimer les hommes est la première condition pour les former dans l'enfance et dans la jeunesse, pour les conduire et les gouverner dans l'age mûr."

    ( Sources : Charles Defodon)