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charpentier

  • 10.3 Denise Rozerot et l'Hôtel de Londres à Berck-Plage

    berck1.jpg

    Ma note 10.2 portant sur la carte postale de Marguerite Charpentier à Denise Rozerot avait montré que la Villa DrapierDenise séjournait avec Jeanne Rozerot, sa mère, et son jeune frère Jacques, était probablement l'annexe de l'Hotel de Londres située dans la Rue des Bains. Jeanne et les enfants d'Emile Zola y séjournaient à Berck-Plage en 1903 pour les soins de Jacques qui souffrait d'une tuberculose osseuse.

    Nous devons à André Robe, grand passionné d'Histoire (qu'il soit ici le bienvenu), les deux images de l'époque qui montrent l'Hôtel de Londres. On peut lire, effectivement, le nom de DRAPIER sur l'enseigne. Sa façade qui donne sur l'Esplanade est bordée à droite de l'Hôtel par la Rue des Bains. On peut penser que la Villa Drapier, située au n°2 est peut-être ce batiment bas que l'on aperçoit dans la rue de bains, accolé à l'Hôtel. Une deuxième image représente les ruines de l'Hôtel détruit par un incendie en 1907.

    berck2.jpgJe tiens à expressément remercier André Robe pour ce geste qui nous permet d'enrichir nos thèmes de recherche. Son geste est typiquement le geste que j'attends de nos visiteurs qui, par leur propre expérience, peuvent ainsi développer Hd'H. Beaucoup d'autres questions sont en attente et vous pouvez les retrouver au fil des notes listées dans la colonne "Catégories". Qui sera le prochain ?

  • 3.3 Julia Daudet et Alexandrine Zola

    Daudetrenoir.jpgJulia Daudet, que l'on peut voir ci-contre représentée par son portrait peint par Renoir, a une enfance et une éducation bourgeoise dans un milieu où le goût de l'écriture est répandu. Dès l'âge de 17 ans elle publie des poèmes sous le pseudonyme de Maguerite Tournay. Elle utilisa un autre pseudonyme plus masculin, Karl Stern, pour écrire des chroniques littéraires dans de nombreuses revues. C'est en Janvier 1867 que Julia Allard devint Julia Daudet en épousant Alphonse à l'âge de 23 ans. Elle joua auprès de lui un rôle important dans son oeuvre. Inspiratrice, conseillère et même plus : "Pas une page, écrit Daudet, qu'elle n'ait revue ou retouchée". Certains prétendent même qu'il faille lui attribuer de nombreuses pages de l'oeuvre de Daudet. Elle se fit une grande réputation en réunissant dans ses salons successifs les plus grands écrivains du XIXè siècle comme les Goncourt,Maupassant,Flaubert,Zola,Barbey d'Aurevilly,Tourgueniev, etc... membre du jury Femina et chevallier de la Légion d'honneur, elle décéda en 1940 à l'âge de 96 ans.

    Nous nous attarderons, menu oblige, sur les relations que cette femme entretenait avec Alexandrine Zola et Marguerite Charpentier. Les couples se connaissent depuis 1867 où ils se reçoivent régulièrement. Il va rapidement s'établir une amicale rivalité culinaire qui s'attisera d'année en année. Alexandrine n'est pas la dernière, proposant des menus extravagants où l'on étonne ses convives tel que le raconte Edmond de Goncourt dans son Journal (Tome II - 9 mars 1888) :

     "... un potage de blé vert, des langues de rennes de Laponie, des surmulets à la provençale, une pintade truffée. Un diner de gourmets assaisonné d'une originale conversation sur les choses de la gueule et l'imagination de l'estomac, au bout de laquelle Tourgueniev prend l'engagement de nous faire manger des doubles bécassines de Russie, le premier gibier du monde."

     Au cous de ces repas, les hommes ne vont pas être toujours très tendres avec les hotesses. Evelyne Bloch-Dano, dans son livre remarquable "Madame Zola" (Grasset-Fasquelle, 1997) rapporte que Goncourt, malade du foie, est la terreur de ses dames. Elle ajoute plus loin :

     "Une autre fois, à Paris où l'on pend la crémaillère de la rue de Boulogne, ce seront des gelinottes, que Daudet compare avec tact à de la chair de vieille courtisane marinée dans un bidet. Alexandrine a dû apprécier le compliment ! Il est vrai qu'on a beaucoup bu et que Flaubert, un peu poussé de nourriture, un peu soûl, débite avec accompagnement de m... et de f... toute la série de ses lapalissades féroces et truculents contre le bôrgeois...", sous l'oeil stupéfait et déçu de Julia Daudet !"

    Jalousies, rivalités ... celà finira mal. Marguerite Charpentier et Julia Daudet, qui tiennent salons, feront plus ou moins ressentir à Alexandrine son manque d'éducation et ses origines modestes. Emotive, Alexandrine ira jusqu'à chasser de chez elle Marguerite en 1889, avant de se réconcillier ensuite. Avec Julia et Alphonse Daudet, c'est l'affaire Dreyfus qui sépara les couples. Les sentiments anti-dreyfusards des Daudet, les prises de positions du fils Léon Daudet, proche de Drumont et futur rédacteur de l'Action Française vont refroidir les liens entrenus avec les Zola.

     

  • 2.1 Lettre de Georges Charpentier

    Charpentier2.jpgCette lettre semble datée du 22 mai 190 ? . Une incertitude demeure sur le dernier chiffre de l'année. Elle porte une adresse : celle du 48 avenue Victor Hugo qui est, alors, probablement la résidence des Charpentier. Enfin, elle est bordée de noir qui témoigne d'un deuil chez les Charpentier. Les Charpentier ont connu de nombreux deuils : ils ont perdu un fils vers 1879, un second en 1896, dates trop éloignées de la date de la lettre. Marguerite, son épouse décèdera en décembre 1903 et lui, Georges, en 1905. Dans ce cas, la lettre pourrait être datée du 22 mai 1904 ce qui ne semble pas correspondre au dernier chiffre de la date. Le dernier chiffre a plutôt l'arrondi et la courbure orientée d'un "3" et la date serait alors : 22 mai 1903 mais le deuil ne peut être celui de son épouse, décédée en décembre.

    L'hypothèse de cette date est, pour le moment, la plus plausible. Dans sa lettre, probablement destinée à Eugène Fasquelle, Georges Charpentier sollicite l'éditeur pour le premier roman d'un cousin, Pierre Villetard, qui s'intitule "La Maison des Sourires" dont on retrouve effectivement une première édition en 1905 chez Fasquelle. Nous reviendrons sur Pierre Villetard dans une prochaine note.

    Charpentier1.jpgDès à présent, je demande à quiconque qui pourrait dater cette lettre d'intervenir sur ce blog. Merci aussi de confirmer l'adresse comme étant bien celle des Charpentier à ce moment-là

  • 10.1 Adresse de Denise Rozerot à Berck-Plage

    Villa Drapier 2 rue des Bains - Berck-Plage - Pas de Calais

    Villdune.jpgVoici l'adresse, portée sur la carte, et rédigée par Marguerite Charpentier. J'ai bien recherché la Rue des Bains à Berck-Plage. Sans succès. Par l'intermédiaire de Jean-Sébastien Macke, un grand spécialiste de Zola, j'ai pu entrer en contact avec Guy Crépin, historien de Berck, à qui j'ai communiqué l'adresse.

    Guy Crépin a fait quelques recherches et fort aimablement, m'a fait la réponse suivante :

    "La Rue des Bains est maintenant la Rue de la Divison Leclerc. Le "2" n'existe plus. A la jonction de la rue des Bains et de l'Esplanade, il y avait un hôtel dont la propriétaire s'appelait Madame Drapier. En 1907, tout le secteur a été ravagé par un incendie. L'Hôtel de Londres a été complètement détruit. Je pense que le "2" de la Rue des Bains devait être une annexe ; l'article relatant l'incendie n'en parle pas. Sur l'emplacement a été reconstruit un bâtiment qui avait deux entrées, une sur l'Esplanade, une sur la Rue des Bains au N°2. Ce bâtiment à été détruit à son tour par un bombardement de 1944."

    Monsieur Crespin ajoute que l'on peut encore retrouver des cartes postales montrant l'Hôtel de Londres de face.

    LA VILLA DANS LES DUNES

    Villdune2.jpg

    Denise, devenue Leblond-Zola, n'oubliera pas Berck-Plage. Elle écrivit sous le pseudonyme de Denise Aubert (en hommage à sa grand-mère Emilie Aubert, mère d'Emile Zola) plusieurs livre de la Bibliothèque Rose Illustrée chez Hachette. On retiendra "La Villa dans les Dunes" dont l'action se situe à Berck-Plage et où elle met en scène sa vision d'enfance : Lucien, 12 ans, un petit parisien pauvre dont le père hérite d'un commerce à Berck-Plage et qui y rencontre Robert venu accompagner sa soeur Andrée qui soigne une coxalgie paralysante. L'ambiance de Berck-Plage en 1904 y est donc fort bien reconstituée.

     

  • 10.2 CPA de Rocamadour de Marguerite Charpentier.

    CPArecto.jpgNous sommes le 12 ou 13 septembre 1903 ; la date n'est pas très lisible sur les cachets. Marguerite Charpentier, l'épouse de Georges Charpentier (éditeur et amis  intimes du couple Zola), est de passage à Rocamadour. Elle a une pensée affectueuse pour Denise (14 ans), la fille d'Emile Zola et de Jeanne Rozerot. Bien sûr, en ce temps-là, elle porte encore le nom de sa mère avec qui elle se trouve à Berck-Plage. Elle y accompagne, avec sa mère, le petit Jacques, le jeune frère de 12 ans qui y soigne une grave tuberculose osseuse.

    Nous sommes à quelques jours du premier anniversaire de la mort du père, Emile Zola, décédé tragiquement dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902. Pas de référence à cette mort, juste quelques mots tout simples chargés de pudeur :

    "Bons souvenirs" - M. Charpentier

     CPAverso.jpgPlusieurs questions se posent sur cette carte et je vous y invite à apporter les réponses. Hormis le fait que je n'ai pas trouvé les raisons de la présence de Marguerite Charpentier à Rocamadour, on peut se demander pourquoi Marguerite s'adresse exclusivement à Denise ? Pas un mot pour Jacques, malade, ni pour Jeanne Rozerot sa mère. Nous savons que les relations des Charpentier ne sont pas au plus beau avec Alexandrine Zola, l'épouse d'Emile. Depuis les relations tumultueuses et la brouille quand Marguerite apprit à Alexandrine le 6 octobre 1898 que son mari, Georges, s'apprêtait à rendre visite à Emile en exil à Londres. Cette annonce produisit entre les deux femmes une vive querelle et Alexandrine chassa Marguerite de chez elle. En fait, elle reprochait à Marguerite et à Georges Charpentier d'avoir à son insu, cautionné la liaison d'Emile avec Jeanne Rozerot. Cette brouille durera assez longtemps pour laisser des traces, à peine dissipées, à la mort de Zola. Cette carte est adressée au moment où Alexandrine Zola tente de construire ses liens avec Jeanne Rozerot et les enfants qu'elle va prendre sous son aile et que les deux femmes appelleront : "nos enfants" . Ceci pourrait expliquer la réserve prudente de Marguerite qui ne souhaite plus froisser Alexandrine mais n'explique pas totalement que Marguerite Charpentier fasse de Denise son unique destinataire. Qu'on me l'explique sera un apport utile à cette note

  • 1.1 Jullien de Paris / Edouard Lockroy/Emile Zola

    EDOUARD LOCKROY (1838-1913)

    Edouard Lockroy.jpg

    Edouard Lockroy est un petit-fils de Marc Antoine Jullien de Paris par sa fille Antoinette-Stéphanie Jullien qui épousa Joseph Philippe Simon. Ce dernier, comédien et auteur dramatique prit le nom de Lockroy parce que son père, général d'Empire lui interdisait de porter le nom de Simon. Il eut une carrière politique importante durant la Troisième République. Dans l'extrème-gauche en 1970, il se rallie au Parti radical-socialiste, puis Ministre de la Marine. C'est à lui que l'on doit l'édification de la Tour Eiffel dont il soutient vivement la construction lors de son passage au ministère du Commerce et de l'Industrie. Il épousa en 1877 la veuve de Charles Hugo, le fils de l'écrivain Victor Hugo.

     De ce premier mariage sa femme avait eu deux enfants, Georges et Jeanne, qui inspirèrent à Victor Hugo, "L'art d'être grand-père". Pour boucler la boucle : c'est Jeanne qui épousa Léon Daudet... avant de divorcer plus tard...

    C'est grâce à Edouard Lockroy que nous établissons un lien entre notre document et Emile Zola. En effet Edouard Lockroy subit un attentat le 13 août 1893 premier d'une série qui va faire dire à Zola :

     "ces bombes qui tuent les pauvres bougres".

    et plus tard il écrira, toujours suite à ces actes de violence :

     "je défie bien qu'on trouve dans mes  oeuvres une parole de haine sociale, surtout pour les petits".

    Emile Zola rencontrera Lockroy chez Eugène Fasquelle et chez Georges Charpentier en 1896 et le félicite de son travail "à la Marine" et lui écrira pour lui recommander Abel Hermant, ancien époux de sa filleule Georgette Charpentier, qui était venu le solliciter dans l'espoir d'une décoration :

    "Hermant est un romancier de talent, un laborieux et un esprit distingué".

    Enfin Lockroy est l'homme qui le 8 avril 1899, recevra une lettre du Capitaine Martin Freystaetter qui, persuadé de l'innocence de Dreyfus, lui fait part de ses scrupules. C'était la première amorce d'une reconnaissance qui permettra à Zola son retour en France.