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condition féminine

  • 15.2 Robida, la condition féminine, la vie en ville

    049.JPGAlbert Robida aborde, avec le brin d'humour qui le caractérise, l'évolution de la condition féminine que l'on sait fort délicate au XIXe siècle. Mais sa vision de l'émancipation de la femme se révèlera fort réaliste. Il la voit égale de l'homme dans les fonctions qu'elle occupe avec les mêmes charges et les nouvelles contraintes qu'entraine cette évolution. A l'image de sa représentation de "Madame la Préfète" (ci-contre - Le dessin fait apparaitre, sur la droite, un calendrier mural portant la date du 18 août 1952...), il va voir la femme réussir dans tous les domaines comme le témoigne ses écrits de 1892 :

    "Devant la femme égale de l'homme, ayant reçu la même instruction, électrice, éligible, ayant les mêmes droits politiques et sociaux depuis plus de trente ans, toutes les carrières jadis fermées se sont ouvertes. C'est un progrès immense, bien que certaines femmes à l'esprit réactionnaire [ ... ] prétendent y avoir perdu. Mais hélas, toutes les carrières libérales, si encombrées déjà lorsque les hommes seuls pouvaient s'y lancer, le sont davantage maintenant que les femmes peuvent être notaraisses, avocates, doctoresses, ingénieures, etc... Grâce aux vigoureuses campagnes menées par les chefesses du parti féminin, nous avons maintenant des mairesses et même quelques sous-préfètes, et l'on vient de voir dans le dernier cabinet une ministresse !

    Ailleurs, Albert Robida "invente" le Voyage de fiançailles ! Partant du principe que "Neuf fois sur dix, les jeunes époux ne se connaissent pas", ce voyage éviterait "les divorces inconsidérés après".

    045.JPG La vie en ville n'a pas trop changé sur le fond. On va à l'Opéra, on fait les soldes, les commerces existent toujours. C'est la forme qui est différente. On se rend à l'Opéra en véhicules aériens qui y accèdent par des passerelles qui dominent l'établissement. On fait les soldes en se déplaçant en ballons dirigeables qui stationnent dans des stations prévues pour celà. Et les commerces ? ils sont rassemblés dans es immubles constituant des centres commerciaux (tiens-donc ?)... et même une vision du quartier de La Défense : Carton-Ville...

    047.JPGCe texte date aussi de 1892 :

    " Des édifices aériens pointent très nombreux au-dessus des toits où s'étalent de cime en cime, de gigantesques réclames pour mille produits divers. On distingue d'abord les embarcadères des grandes lignes d'aéronefs omnibus, les wharfs d'aéronefs transatlantiques. [...] Plus loin, au dessus du Bois de Boulogne, découpé en petits squares, s'élève Carton-Ville, un quartier ainsi baptisé à cause de ses élégantes et vastes maisons de rapport entièrement construites en pâte de papier aggloméré, rendue plus résistante que la pierre aux intempéries des saisons, avec des épaisseurs bien moindre, ce qui économise de la place. [...] On n'a plus recours au fer que dans certains cas, lorsqu'on a besoin de support solide, colonnes ou colonnettes, et partout maintenant le carton-pâte est employé concuremment avec les plaques de verre, murailles transparentes, qui laissent les pièces d'apparat des maisons se pénétrer de lumière. Les grands-magasins, certains établissements, comme les banques sont maintenant construits entièrement de plaques de verre ...

     

    046.JPGLes visions d'Albert Robida, au fil des pages de l'ouvrage de Guillemette Racine, sont tellement chargées de vraisemblance qu'elles témoignent, malgré les ans,  une étonnante fraicheur.

     Nous aurons dans la note suivante d'autres preuves de l'imagination visionnaire de cet homme dont on se demande pouquoi il n'a pas recueilli la célébrité qu'il mérite au même titre qu'un Jules Verne.

    (à suivre...)