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goblet

  • 7.1 Zola, Daudet, Lockroy et la Légion d'Honneur

    Croix.jpgJ'ai retrouvé dans la correspondance d'Emile Zola un autre contact entre l'écrivain et Edouard Lockroy, ce petit-fils de Marc Antoine Jullien de Paris. Nous sommes le 24 décembre 1886 et Zola adresse un courrier à Lockroy alors Ministre du Commerce et de l'Industrie du gouvernement de René Goblet. Il écrit :

    "Je tiens à vous dire combien j'ai été touché d'apprendre que, sans me prévenir, vous aviez demandé pour moi, au ministre de l'Instruction publique, la croix de la Légion d'Honneur. Je vois là une marque d'amitié personnelle et de grande sympathie littéraire, dont je suis très fier. Mais que voulez-vous ? Je ne suis plus d'âge à souhaiter des récompenses. Me voici déjà dans les vétérans, et ce que j'aurais accepté au lendemain de L'Assommoir, me semble inutile après Germinal. Il faut garder ça pour les jeunes écrivains qui ont besoin d'être encouragés. Ce que je n'oublierai pas, cher monsieur Lockroy, c'est votre pensée de m'être agréable, et veuillez croire que je vous en garde une gratitude infinie."

    Deux jours plus tard, dans un courrier adressé à Alphonse Daudet, Zola félicite l'écrivain pour sa prochaine croix d'officier dont on attend la confirmation officielle.

    L'intervention d' Edouard Lockroy ne sera pas sans lendemain. Emile Zola sera décoré de la Légion d'Honneur le 14 juillet 1888. Ce "vétéran", comme il s'en qualifiait lui-même, n'en est plus un dans sa tête au moment même où il s'engage dans une grande aventure sentimentale avec Jeanne Rozerot "qui lui a rendu ses trente ans" et qui lui donnera une fille, Denise, l'année suivante.