Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

hugo

  • 12.1 Histoire des haines d'écrivains

    haines.jpgUne fois n'est pas coutume, je ne vous parlerai pas d'un objet récemment chiné et laisse à plus tard mes commentaires promis sur Jules Claretie. Si je déroge un peu à la règle, c'est pour évoquer un livre dont je viens d'achever la lecture et qu'il m'est impossible de ne pas vous recommander. Ce livre, édité chez Flammarion en ce début d'année, est un passage obligé pour tous les passionnés de la littérature du XIXe siècle. Intitulé "Une histoire des haines d'écrivains", les auteurs, Anne Boquel et Etienne Kern, nous donnent une image toute nouvelle du monde de la littérature et de ses travers. Le sous-titre "De Chateaubriand à Proust" montre l'étendue du ravage : les haines, bien sûr, mais aussi les amours et les jalousies qui y sont présentés nous rapprochent quelque peu de ces hommes et de ces femmes trop souvent idéalisés par la rigueur des programmes scolaires.

    Hugo, Vigny, Musset, Sainte-Beuve s'y disputent les femmes et les honneurs. On y voit comment leurs plus belles pages ont souvent été inspirées par ces rivalités et ces compétitions. Un seul objectif : atteindre honneurs et gloire ou pour, simplement se maintenir à la une d'une presse qui commence à faire la loi et conditionne le tirage des livres. Flaubert, Lamartine, Balzac, bien d'autres y sont évoqués. C'est parce qu'ils sont de grands manipulateurs de mots qu'ils vont mettre leur talent à l'épreuve pour aiguiser leur phrases en pointes de flèches, et transposer proses ou rimes en duels de fleurets pas toujours mouchetés. La course au fauteuil d'académie, les engagements politiques, les querelles de suprématie littéraire ou tout simplement l'accès à la richesse pour certains ou la simple subsistance pour d'autres seront autant de raisons de discorde. Le résultat obtenu sous les plumes de Anne Boquel et Etienne Kern est un vrai feu d'artifice et je suis prêt à parier que, après avoir lu ce livre, vous aurez une autre vision de ces écrivains, une meilleure connaissance des pratiques littéraires de ce siècle. Quand je vous aurai enfin révèlé que les auteurs de ce livre, qu'ils dédient à leurs parents, n'ont que 25 ans, on a bien envie de veiller, dès à présent, sur leurs prochaines publications...   Attention toutefois : anciens élèves de l'Ecole Normale Supérieure, ils sont agrégés de lettres et enseignent respectivement à Paris IV et à Paris X (Nanterre).

    Comme le dit si bien la 2ème de couverture :

    Ne boudons pas notre plaisir...

    Courrez vite chez votre libraire...

     

     

     

  • 1.1 Jullien de Paris / Edouard Lockroy/Emile Zola

    EDOUARD LOCKROY (1838-1913)

    Edouard Lockroy.jpg

    Edouard Lockroy est un petit-fils de Marc Antoine Jullien de Paris par sa fille Antoinette-Stéphanie Jullien qui épousa Joseph Philippe Simon. Ce dernier, comédien et auteur dramatique prit le nom de Lockroy parce que son père, général d'Empire lui interdisait de porter le nom de Simon. Il eut une carrière politique importante durant la Troisième République. Dans l'extrème-gauche en 1970, il se rallie au Parti radical-socialiste, puis Ministre de la Marine. C'est à lui que l'on doit l'édification de la Tour Eiffel dont il soutient vivement la construction lors de son passage au ministère du Commerce et de l'Industrie. Il épousa en 1877 la veuve de Charles Hugo, le fils de l'écrivain Victor Hugo.

     De ce premier mariage sa femme avait eu deux enfants, Georges et Jeanne, qui inspirèrent à Victor Hugo, "L'art d'être grand-père". Pour boucler la boucle : c'est Jeanne qui épousa Léon Daudet... avant de divorcer plus tard...

    C'est grâce à Edouard Lockroy que nous établissons un lien entre notre document et Emile Zola. En effet Edouard Lockroy subit un attentat le 13 août 1893 premier d'une série qui va faire dire à Zola :

     "ces bombes qui tuent les pauvres bougres".

    et plus tard il écrira, toujours suite à ces actes de violence :

     "je défie bien qu'on trouve dans mes  oeuvres une parole de haine sociale, surtout pour les petits".

    Emile Zola rencontrera Lockroy chez Eugène Fasquelle et chez Georges Charpentier en 1896 et le félicite de son travail "à la Marine" et lui écrira pour lui recommander Abel Hermant, ancien époux de sa filleule Georgette Charpentier, qui était venu le solliciter dans l'espoir d'une décoration :

    "Hermant est un romancier de talent, un laborieux et un esprit distingué".

    Enfin Lockroy est l'homme qui le 8 avril 1899, recevra une lettre du Capitaine Martin Freystaetter qui, persuadé de l'innocence de Dreyfus, lui fait part de ses scrupules. C'était la première amorce d'une reconnaissance qui permettra à Zola son retour en France.