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julia daudet

  • 14.1 Les anémones de Goncourt

    L'étudiant que j'étais aurait applaudi des deux mains en apprenant la suppression de l'Histoire de la liste des matières enseignées en Terminale. Scientifique de formation, je considérais l'Histoire comme une matière dont l'apprentissage était fastidieux, inutile et source du temps perdu que je ne pouvais consacrer à mes chères études de laboratoire... C'est le domaine où je glanais le plus de notes à un chiffre et ceci n'arrangeait pas les choses. En faisant celà, je pènètrais, sans m'en rendre compte, dans la turbulence qui vous entraine dans cette forme de savoir unique qui caractérise les spécialisations. J'ai découvert la richesse de l'Histoire que bien des années plus tard, à l'heure où la vie - celle qui exige ou oblige - vous libère. C'est à cet instant que l'on prend conscience que le passé existe, qu'il n'est pas mort, et qu'au contraire, il comporte en lui la plupart les réponses aux questions qui nous environnent. Supprimer l'Histoire en Terminale implique que nous sachions apprendre à nos étudiants à ne pas l'oublier. Si je suis là, en train d'écrire ces quelques lignes hebdomadaires, c'est peut-être pour y contribuer un petit peu et rechercher ce temps perdu... Me voilà Proustien, maintenant...

    Egoncourt.jpgEn grattant le passé littéraire du XIXe siècle, on ne peut ignorer les frères Jules et Edmond de Goncourt et leur Journal. Cet ouvrage n'étant pas dans ma bibliothèque (dommage !), j'ai couru à la Bibliothèque -municipale celle-là - pour constater que les 22 volumes étaient difficiles à transporter... Mais je réalisais bien vite que leur lecture, même fractionnée, était la source d'une foule d'informations. Bien sùr, Edmond de Goncourt est une vraie "pipelette" qui nous conte, au jour le jour, ce qui traverse ses pensées et je réalise, d'un seul coup, que, si Goncourt vivait aujourd'hui, il écrirait le blog littéraire le plus lu du buzz... Bien sûr, comme pour tout ce qui est écrit avec spontanéïté, Il va y alterner le bon et le mauvais, écrire le sublime et parfois même se vautrer dans le vulgaire. Mais, au détour d'une page, il nous arrivera parfois de tomber sur des bijoux... Vous connaissez ? ... Ces textes que l'on a envie spontanément de noter sur un coin de feuille ... ou sur son Ipod... Aussi j'ai décidé de vous les faire partager, de temps en temps... Ce sont aussi des histoires d'Histoire.

    Ce mercredi 10 avril 1889, Edmond de Goncourt couche ces quelques lignes sur son Journal. Uniquement, ces quelques lignes .

    anemone.jpg"Les anémones, avec leurs pétales lâches, mous, affaissés, et avec leurs douces couleurs aux tons passés, mauve, lilas, rose turc, me semblent des vrais fleurs d'odalisques. Elles m'apparaissent aussi, ces fleurs, en le coloris de leurs nuances délavées autour de l'aigrette noire de leur calice, comme ayant la tendresse surnaturelle de couleurs entrevues dans un rève."