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jullien de paris

  • 1.8 Lettre de JULLIEN DE PARIS à Marc Antoine PUVIS

    Cette lettre a été achetée pour son cachet à date. Le philatéliste, que je suis, voulait doter sa collection d'un exemplaire de ce cachet à date, qui en 1829 couvrait encore les plis postaux avant que n'apparaissent en 1830 les premiers cachets mentionnant les lieux d'expédition et d'arrivée des courriers. Ce pli porte deux cachets : le premier au recto, porte la date d'envoi du 29 mai 1829 et le second figure au verso avec la date d'arrivée du 30 mai 1829. Ceci satisfaisait mon premier intérêt mais le pli que je reçus me réservait des surprises.

    Le pli était adressé à Monsieur Puvis, Secrétaire de la Société d'Emulation du Département de l'Ain à Bourg (Ain). J'eus un peu de mal à identifier le destinataire car le "P" de Puvis ressemblait plus à un "D" qu'à un "P". Mais, une fois déplié, l'écriture de l'expéditeur dissipe le doute. A partir de cet instant, la recherche de l'identité du destinataire devenait facile : il s'agit de Marc Antoine Puvis qui, agé alors de 53 ans, était le secrétaire de la Société d'Emulation de l'Ain avant d'en devenir plus tard le président.

    LA SOCIETE D'EMULATION DE L'AIN

     Cette société existe toujours aujourd'hui après 254 ans d'activités. Elle est l'une des plus anciennes sociétés savantes. C'est en 1755 que l'astronome Jérôme François de Lalande fonda une Académie littéraire à Bourg-en-Bresse. Fermée en 1757 à la suite de l'attentat de Damien contre le roi Louis XV, elle réapparait en 1783 sous l'impulsion de Thomas Riboud, ancien procureur du roi, ami de Lalande mais avant tout bressan de coeur. Appelé "Société d'Emulation", cette institution a pour but d'apporter par ses recherches un essor à l'économie locale et d'élever les esprits à la connaissance et au savoir. Elle constitue alors l'ancètre de nos sociétés régionales de développement. Les sujets les plus variés y sont débattus : l'agronomie, la biologie, l'histoire, la littérature et les autres formes de l'art... En témoignage de reconnaissance, Jérôme de Lalande y est élu comme membre dès la première séance. En 1793 sous la Terreur, la Société est à nouveau interdite sur ordre de Robespierre. Riboud est enfermé l'année suivante et échappe de justesse à la guillotine au décès de Robespierre le 28 juillet. En 1801, la Société d'Emulation est rétablie par Thomas Riboud lui-même sur la demande du préfet de l'Ain Ozun. Elle est reconnue d'utilité publique en 1829 au moment même où ce document est émis. Nous verrons plus tard d'autres liens avec Robespierre... (A suivre)

  • 1.7 L'expéditeur : Jullien de Paris

    Pour comprendre le document, il fallait impérativement en identifier l'expéditeur. A ce stade, il me faut remercier MM. Claude Brichon et Jérôme Dupasquier des Archives Départementales de l'Ain qui ont largement contribué à ce travail en identifiant le signataire en la personne de Marc Antoine Jullien de Paris. Ce dernier, qui a sensiblement le même âge que Puvis, recherche des informations statistiques sur le Département de l'Ain et s'adresse à Marc Antoine Puvis qu'il juge "mieux que personne" pouvoir lui procurer. Ces questions que l'on peut lire en page 1 sont de natures politiques et fiscales. Elles touchent à tous les aspects administratifs, mais aussi au commerce, à l'industrie et à l'agriculture. Une large part sera consacrée à l'éducation. Enfin, l'enquête réservera une grande partie aux choix et désirs relatifs à la culture. Le contenu du document sera mieux compris après l'étude des deux interlocuteurs et de leurs parcours respectifs qui seront exposés ci-après. Nous noterons, dès à présent, la grande maturité dans la recherche d'information qui est étonnante pour l'époque : elle rejoint dans sa formulation l'application des principes modernes de l'intelligence économique.

  • 1.6 Marc Antoine Puvis

    MARC ANTOINE PUVIS (1776-1851)

    Numériser0002.jpgIssu d'une famille de robe du Parlement de Bourgogne, le jeune Marc Antoine fait des études brillantes à Dijon pour intégrer l'école polytechniqie en 1796. Après deux ans passés à l'école d'application de Metz il en sort avec le grade de sous-lieutenant d'artillerie. En 1800, il servit sous les ordres du Colonel Foy en Allemagne puis sous ceux du Général Drouot pour qui il témoignera d'une vive admiration. Il quitta l'armée en 1806 comme lieutenant d'artillerie. Rentré chez lui, il partage avec son frère, Ambroise, la fonction de chef d'une famille nombreuse à la tête d'une belle fortune territoriale. Il se consacre à la rédaction de multiples ouvrages dans le domaine des sciences agricoles, de voyages, d'essais divers économiques dont la pertinence demeure aujourd'hui remarquable. Il épouse en 1810 Melle Gaillard et s'établiit à Bourg. C'est le 6 mars 1811 qu'il sera admis dans la Société d'Emulation de l'Ain où il publiera aussitôt de nombreux ouvrages de littérature et d'histoire sur la Bresse. Il développa et appliqua de nombreuses méthodes agricoles qu'il diffusa. Dans la période difficile de 1817, il signala plusieurs moyens de remplacer les grains qui font défaut à l'agriculture. Il écrit notemment sur un sujet qui préoccupe notre monde moderne : la récupération assistée du pétrole dans les sols qu'il désigne comme "terres asphaltiques". Il publie son traité des amendements dont il publiera la dernière partie le jour même de sa mort le 29 juillet 1851 au retour d'un voyage à Londres où il souhaitait visiter l'Exposition Universelle. Ce voyage lui fut fatal : un rhume mal soigné qui, à son retour à Paris se converti en "catarrhe suffocante". Le Buste en tôle martelée ci-dessus fut réalisé par Emilien Cabuchet et remis à la Société d'Emulation

     

  • 1.5 Marc Antoine Jullien de Paris (1775-1848)

    A sa naissance, on lui donne le même prénom que son père, député de la Drôme sous la Convention. d'où le "de Paris" qui sera ajouté au nom pour le différencier du père que l'on appelera Jullien de la Drôme. Le début de la Révolution va bouleverser quelque peu ses études et sous l'influence de ses parents il s'essaye au journalisme et il s'affilie au club des Jacobins. Brillant, à 17 ans seulement, il est envoyé à Londres par Condorcet comme élève-diplomate et devient l'intermédiaire officieux entre les libéraux anglais et les dirigeants du parti girondin. Il rencontre à cette occasion Talleyrand et Lord Stanhope. Il n'a pas 20 ans quand il est nommé à son retour commissaire des guerres à l'armee des Pyrénées en janvier 1893. Il devient un proche de Robespierre, il est chargé de plusieurs missions par le Comité de Salut Public. Il est chargé de la lourde tâche d'assumer la surveillance de la situation militaire et de la propagande Jacobine. On le retrouve à Nantes où il dénonce Carrier dans un lettre à Robespierre du 4 février 1794. A Bordeaux, il s'oppose à Tallien puis organise la chasse aux députés girondins cachés.

    Son protecteur, Robespierre, est alors guillotiné le 9 Thermidor de l'an II (27 Juillet 1794). Destitué, il est alors arrêté et envoyé en prison. Il n'a alors que 21 ans. Il est ammené à renier Robespierre pour échapper à la guillotine. Le 13 mai 1796, Merlin de Douai le fait entrer au ministère de la Police mais, suspect de sympathies babouvistes, il doit se cacher lors de la découverte de la conspiration des Egaux en mai 1786. Il accompagne le général Bonaparte en Egypte en mai 1798. Puis, au service du général Championnet, il devient conseiller en 1798, initiateur de la République Parthénopéenne, puis secrétaire général du gouvernement provisoire en 1799. Mais le Directoire survient qui rappelle Championnet : il est déferré au tribunal militaire. puis libéré par le Coups d'Etat du 30 Prairial an VII (18 juin 1799).

    Le Coups d'Etat du 18 Brumaire va le rapprocher de Bonaparte à qui il propose un plan d'unification des Etats italiens en juillet 1800. Mais ces idées révolutionnaires vont faire qu'il va s'indigner des proscriptions antijacobinnes et sera relégué comme intendant militaire à Paris puis en Italie. Il obtiendra toutefois la Légion d"Honneur en 1803.

    En 1813, sa liaison avec Madame de Staël lui valent d'être à nouveau interné. Libéré lors de la première restauration, il se fait une réputation de pédagogue. Correspondant du suisse Pestalozzi, membre de la Société d'Emulation de l'Ain (auprès duquel il envois ses trois premiers fils à Yverdon), il devient l'un des promoteurs de l'enseignement mutuel auquel nous réserverons une note spécifique. La lettre est de cette époque.

    Marié avec Sophie-Juvence Nioche avec qui il aura six enfants dont une fille, Antoinette-Stéphanie, sera la mère d'Edouard Lockroy. Le cadet, Pierre Adolphe (1803-1873), polytechnicien et ingénieur des ponts et chaussées a construit le chemin de fer Paris-Lyon.

  • 1.4 Jullien de Paris : le pédagogue

    Jullien de Paris a publié sur l'éducation plusieurs ouvrages. Sous l'influence de Pistalozza qu'il va traduire et publier, ses principes éducatifs s'inspirent des doctrines de Locke, de Condillac et de Rousseau. Il devance bien largement son temps et il annonce en les formulant bien des réformes qu'aujourd'hui encore nous avons grand'peine à réaliser.

    Voici une page de ses "Essais" :

    "Quatre observations doivent présider au choix d'une méthode d'enseignement pour les enfants :

    1°) On doit frapper les sens des enfants, puisque chez eux l'intelligence et la raison ne sont pas encore suffisamment développées. Les perceptions des sens bien dirigées sont le véritable moyen d'instruction de l'enfance;

    2°) Il faut procurer aux enfants des occasions d'amusement, de mouvement et d'action, pour leur rendre l'instruction plus agréable et plus salutaire. Leur âge a pour caractère distinctif une surabondance de vie et d'activité qui demande à être employée.

    3°) L'instruction mutuelle convient entre les enfants ; on doit les former de bonne heure à s'entr'aider et à se communiquer les uns aux autres les choses qu'on leur enseigne, et qui doivent leur être communes. Les échanges et les services mutuels, dont ils doivent contracter l'habitude, sont la base de la morale et des relations sociales, et doivent entrer comme éléments essentiels dans l'éducation ;

    4°) Le puissant ressort de l'émulation ne doit pas être négligé dans l'enseignement, mais doit être employé de manière que tous les élèves participent également à l'instruction, sans qu'il y ait de préférence marquée, ni des soins trop particuliers pour certains élèves. qui peuvent avoir plus de sagacité ou plus d'assiduité que leurs camarades."

    Pensée de Jullien de Paris : "Aimer les hommes est la première condition pour les former dans l'enfance et dans la jeunesse, pour les conduire et les gouverner dans l'age mûr."

    ( Sources : Charles Defodon)

     

  • 1.3 Allan Kardec/Marc Antoine Puvis

    ALLAN KARDEC

    Alan Kardec.jpgDe son vrai nom, Hippolyte Léon Denizard Rivail, Allan Kardec est, lui aussi, membre correspondant de la Société d'Emulation de l'Ain. A ce titre il connait Marc Antoine Puvis et il est l'ami de Heinrich Pistalozzi dont, jeune, il fréquenta l'école d'Yverdon. Les influences de Pistalozzi furent importantes et ses principes d'éducation se retrouveront plus tard, dès 1824 à l'époque de notre document, où il fondera à Paris sa propre école. Il jettera les bases du "spiritisme", cette pédagogie basée sur le positivisme. Adepte des "tables tournantes" qu'il introduit en France en 1855, il va exprimer ses idées dans "Le Livre des Esprits" (1857) qu'il publiera sous le nom de Allan Kardec qu'il pense avoir eu dans une vie antérieure. Ses publications sont régulièrement rééditées de nos jours.

    Sur sa tombe, au Père Lachaise, est écrit : "Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la loi."

    Parmi les personnalités séduites par sa doctrine, on retiendra Théophile Gautier, Victorien Sardou, Conan Doyle et Camille Flammarion qui prononce son éloge funèbre. Il y affirma, comme Kardec, que "le sipritisme est une science et pas une religion."

    (Sources Wikipedia)