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mauler

  • 16.3 La lettre de Gustave Geffroy (2)

    La parenthèse ouverte par cette deuxième lithographie d'Henry de Groux n'est pas refermée. Je suis toujours sur la piste de son imprimeur (tout au moins, celui de la plus récente lithographie). Si quelqu'un peut me confirmer et m'apporter des informations sur un Eugène Mauler qui aurait été graveur et lithographe (et jadis peintre ?...) en 1898 au N°9 rue de l'Estrapade à Paris, qu'il se manifeste et sera le bienvenu.

    Revenons aux questions que me posent la lettre de Gustave Geffroy, exposée dans ma note 16.2. Je vous les avais soumises mais je n'ai pas eu de réponses... Pourtant la lettre comporte plusieurs indices permettant une probable identification du destinataire et de sa datation même si quelques doutes subsistent.

    LE DESTINATAIRE ?

    GeffroyCaricature.jpgGustave Geffroy s'adresse probablement à un personnage qui lui réclame un article sur un ouvrage récemment publié. Une "promo" dirait-on aujourd'hui. A priori, ce personnage pourrait en être l'auteur du livre ou encore celui de la préface. Hors, grossi ci-contre, le titre de l'ouvrage rapporté par Gustave Geffroy serait "Caricature en allemagne" (l'initiale de Allemagne apparait en lettre minuscule). Or, on retrouve l'édition en 1885 chez L. Westhausser à Paris d'un ouvrage dénommé "Les moeurs et la caricature en Allemagne" par John Grand-Carteret. L'époque et le titre de l'ouvrage sont plausibles. John Grand-Carteret, personnage sur lequel nous reviendrons dans une prochaine note, était journaliste comme Geffroy qui lui écrit "Mon cher confrère" ; ce qui pourrait confirmer le destinataire. Toutefois le doute s'installe quelque peu quand l'on remarque que la préface en a été écrite par Champfleury, qui, comme Geffroy, était journaliste et critique d'art. La présence ici de Champfleury, dont les idées et fréquentations n'étaient pas celles de Geffroy, pose un certain nombre de questions que nous tenterons de développer au cous de notes ultérieures.

    LA DATE ?

    Dategeffroy.jpgLa lettre est datée d'un 8 novembre ... sans préciser l'année. Comte-tenu de la date d'édition de l'ouvrage de John Grand-Carteret on peut penser la dater du 8 novembre 1885. Comme le mentionne Geffroy, il faudrait documenter l'information selon laquelle Gustave Geffroy était souffrant avant cette période pour le confirmer. Mais une seconde information va être précieuse : Geffroy évoque dans sa lettre une période électorale qui débute et qui occupe l'opinion. Cette période serait néfaste car elle détounerait l'attention des lecteurs de La Justice sur la sortie du livre. Une question simple se pose : Quelle peut-être cette élection importante qui survient à fin 1885 ?

    L'ELECTION ?

    Geffroyelection.jpgLa recherche n'est pas compliquée ... Le 28 décembre 1885 verra la réélection de Jules Grévy à la Présidence de la République. Ce Républicain Modéré qui a 78 ans commence un nouveau mandat.

    A priori, nous avons nos réponses. La lettre peut être datée du 8 novembre 1885 et elle est adressée à John Grand-Carteret, auteur de "Moeurs et Caricature en Allemagne" . Elle peut être aussi adressée à Champfleury qui en a écrit la préface. Mais d'autres questions restent posées : l'article a-t-il bien été publié dans La Justice comme promis par Geffroy ? Par ailleurs, le livre est sorti des presses de l'imprimeur le 12 mai 1885. Six mois se sont écoulés depuis la parution et la lettre d'excuse de Gustave Geffroy : L'élection de Jules Grévy était-elle le seul raison du retard dans la publication de cet article ? Si vous avez une petite idée... N'hésitez pas. (A Suivre...)

     

  • 9.4 Une autre lithographie de Henry de Groux

    ZOLA BIS.jpgSuite à mes notes sur la lithographie de Zola par Henry de Groux, HD'H a reçu le commentaire fort intéressant de Raymond Bommerez, qui nous informe qu'il possède une autre lithographie de Zola du même auteur. L'examen de la photographie qu'il nous a transmise montre qu'elle est signée en "rouge" par Henry de Groux qui l'a datée du 30 mars 1898. L'observation du document fait aussi apparaître la mention "Emile Zola" manuscrite et quelques commentaires difficilement lisibles. De Groux réalisa 3 lithographies de Zola selon "La Plume" paru en 1899, p 14, 15 et 87. La lithographie de M. Bommerez en serait l'une d'elles, différente de celle déjà évoquée dans mes notes. La date du 30 mars est probablement la date de l'achèvement des premiers essais, car l'on retrouve, dans le Journal d'Henry de Groux (Kimé - 2007) les références sur ses travaux :

    En date du 22 mars 1898 : " Chercher ce matin chez Nadar des photographies de Zola en vue de mon estampe. Photographies presque toutes très ordinaires. Une seule pourra me servir, celle que j'ai posée moi-même et que Nadar a failli gâter en réclamant "un sourire " (!). Expression altérée et factice, déplorable malheureusement ; je commencerai aujourd'hui le travail sur ma pierre."

    En date du 27 mars 1898 : "Le portrait de Zola ne vient pas comme je voudrais : la pierre est défectueuse, mal grainée et pleine de griffes. Je prévois de forts embêtements au tirage. Les imprimeurs sont tous les mêmes."

    En date du 3 juin 1898 : "J'achève mon second portrait de Zola qui me parait devoir être très supérieur au premier. la pierre est meilleure ; mais le principe du travail au crayon est interminable. Je crois d'ailleurs avoir contracté depuis une timidité dans le travail très désagréable et très inutile."

    En date du 18 juin 1898 : "Je pars aujourd'hui terminer décidément mon Zola chez Mauler, rue de l'Estrapade. Je pense que ce sera la meilleure de mes lithographies."

    En date du 25 juin 1898 : "Je mets la dernière mai à mon grand portrait de Zola chez Mauler, rue de l'Estrapade dans cet atelier, si vaste, et rempli des essais picturaux de limprimeur jadis exposant aux Champs-Elysées. Tout l'attirail du [un mot illisible] peintre y est dispersé également : j'ai derrière moi un immense squelette dans l'attitude d'un soldat au port d'arme. Un grand clairon assujetti par une cordelette lui pend au côté. En face de moi, des ouvriers et des ouvrières (dont une assez jolie vraiment, une petite Israélite) échangent des remarques qui parfois ont l'air de me concerner... Le portrait touche décidément à sa fin."

    Nous apprenons ainsi que les lithographies ont étée tirées chez Mauler et nous tenterons d'en apprendre plus de cette impimeur. J'ai déjà trouvé que l'atalier de ce Mauler était situé au 9, rue de l'Estrapade dans un bel immeuble de XXIIe siècle aujourd'hui protégé. L'imprimerie deviendra au début du XXe siècle, l'imprimerie Joseph Charles. En tout état de cause, il semble que la litho de Raymond Bommerez soit tirée depuis l'exemplaire ayant donné le plus de difficultés à De Groux et en ce sens, elle est fort intéressante.

    Monsieur Bommerez, qui la tient d'un héritage, est vendeur. Si vous êtes intéressé, transmettez-moi vos coordonnées que je lui communiquerai pour une éventuelle transaction...